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mercredi 17 novembre 2010

Pan-Mongol Wrestling

Since 2008, the associations of Mongol wrestling in Mongolia, Russia and China have started Mongol Wrestling Tournament between all ethnic Mongols. Participants come from Mongolia, Tuva of Russia, Buryatia of Russia, Kalmyk of Russia, Altai of Russia, Inner Mongolia of China and Xinjiang of China to compete with each other in Khalkha Wrestling style. The first ever championship was held in Ulaanbaatar Mongolia in 2008, where Chimedregzengiin Sanjaadamba, who has not gotten yet a national title, won the tournament. In 2009, it was held in Huhhot of Inner Mongolia and again Sanjaadamba won the championship, while still without a national title.

The 2010 competition took place in 15–17 July at Ulan-Ude of Buryatia, Russia. This time 2 weight categories have been created: -75 kg and +75 kg. In -75 kg division about 45 wrestlers have competed and at the 5th round top 4 were: Ivan Garmaev (Buryatia), Kh.Munkhbayar (Mongolia), M.Batmunkh (Mongolia), Seldys Mongush (Tuva). Eventually Seldys Mongush got the title on the 6th round through Kh.Munkhbayar. For the +75 kg division, there we're about the same number of competitors as in the lighter division. The top 2 where: Ch. Sanjaadamba (Lion of the Army) and D.Ragchaa (Elephant of the Nation). And again Sanjaadamba got the title, who lost in the 3rd round of this year's Naadam in Mongolia, where he failed to get a National level title.

samedi 14 août 2010

Quand les lutteurs traditionnels s'essaient à d'autres styles que le leur

Le 17 décembre 1995, le Tókyó's Ryógoku Kokugikan accueillait les 4èmes championnats du monde de sumo amateur. Trois catégories de poids permettaient aux lutteurs de "moins de 85kg" (poids légers), "moins de 115kg" (poids moyens) ou "plus de 115kg" (poids lourds) de se mesurer. Enfin, un quatrième tournoi permettait aux meilleurs de s'affronter en "toutes catégories" pour déterminer le champion suprême.

Cette année-là, c'est l'énorme Etatsunien Emmanuel Yarborough (2m04, 272kg) qui s'imposa face au représentant du pays hôte, le Japonais Tajichi Goto. Mais là n'est pas mon propos.

Ce qui est à noter, c'est qu'à l'occasion de cette compétition de sumo, les deux plus grands champions contemporains de luttes traditionnelles mongole, d'une part, et turque, d'autre part, se sont croisés : Badmaanyambuu Bat-Erdene et Ahmet Tasçi.

Le Mongol Bat-Erdene (1m92, 120kg) est le plus grand champion de tous les temps du Naadam avec 11 titres glanés entre 1988 et 1999. Il fut également un judoka de niveau international dans les années 1990 avec deux fois la place de vice-champion d'Asie "lourds" et "toutes catégories". En sumo amateur, il a concourru en "toutes catégories" : vice-champion du monde 1993 et champion du monde 1994. C'est donc en tenant du titre qu'il s'est présenté à l'édition 1995 où il monta une fois de plus sur le podium : obtenant le bronze cette fois.

Badmaanyambuu Bat-Erdene

Le Turc Ahmet Tasci (1m75, 95 à 105kg) est l'un des quatre lutteurs les plus titrés de l'histoire du Kirkpinar, la célèbre compétition de lutte à l'huile organisée depuis le XIVème siècle; à l'époque, sous l'autorité de l'Empire Ottoman. C'est le plus titré de l'époque contemporaine (depuis 1924 et la fondation de la République Turque). Il a obtenu 9 titres entre 1990 et 2000. Aux championnats du monde de sumo 1995, il a concourru chez "poids moyens" c'est-à-dire chez les moins de 115kg et y a obtenu la médaille de bronze (comme Bat-Erdene en "toutes catégories") derrière le Russe Yevgeni Sleptsov (argent) et le Japonais Ryuji Kumagia (en or pour la deuxième fois consécutive).

Ahmet Tasçi

La présence de ces deux champions au plus haut niveau mondial dans une discipline qui n'est pas leur spécialité montre leur valeur intrinsèque. Elle fait écho à d'autres, par exemple les lutteurs islandais Jóhannes Jósefsson et Sigurjón Pétursson, champions "toutes catégories" de glima, qui figurèrent eux aussi parmi les 4 ou 5 meilleurs mondiaux lors des Jeux Olympiques de 1908 et 1912.

On peut en déduire que si leur pays avait été économiquement et/ou militairement le plus puissant au monde de leur vivant (à l'image de l'Angleterre ou de la France à la fin du XIXème siècle, ou des Etats-Unis au XXème siècle), leur style de lutte, leur sport national, se serait imposé sur le plan international. En grands spécialistes de leur discipline traditionnelle, c'est Bat-Erdene et Ahmet Tasçi qui auraient été considérés comme les meilleurs lutteurs du monde. Ils n'auraient pas eu à s'essayer à d'autres styles.

En prolongeant l'analogie avec les pratiquants de glima, on peut imaginer que si les Vikings avaient continué à organiser leurs populaires compétitions de lutte sur l'île de Bren (comme ce fut le cas jadis), avec une régularité digne des Tailteann Games (des Celtes) ou des Jeux Olympiques (des Grecs et des Romains), leurs champions seraient probablement au panthéon des lutteurs aux côtés des Milon de Crotone et Gaddar Kel Aliço, à commencer par Ármann J. Lárusson, 15 fois champion "toutes catégories" de glima entre 1952 et 1967.

lundi 2 août 2010

La glima

Cette lutte traditionnelle est le plus ancien sport pratiqué en Islande et remonte à l'époque des Vikings et au-delà, puisqu'elle aurait été amenée de Norvège lors de la colonisation de la grande île du Nord. Il est donc plus que probable qu'elle a été pratiquée puis oubliée en Normandie. Les sagas nous apprennent qu'aux Xème et XIème siècles plusieurs sports étaient très populaires en Islande et que ceux qui les pratiquaient étaient hautement considérés. A l'époque des Vikings, il y avait la nage, différents types de jeux de balle et différentes formes de lutte, dont la glima, qui reste caractéristique de l'Islande. Autrefois lors des assemblées locales ou à la sortie du service religieux, des groupes d'hommes essayaient leur habileté et leur force dans un jeu de glima. Quand les écoles furent officiellement créées auprès des sièges épiscopaux de Holar (1552) et Skalholt (1553), cela constitua un terrain favorable pour le développement de la glima. Les étudiants qui la pratiquaient étaient aussi admirés pour leurs connaissances que pour leur prouesses sportives. Lors de Jeux Olympiques de 1908 ( Londres) et 1912 (Stockholm), des équipes islandaises de glima furent présentées et reçurent un accueil enthousiaste. La glima est difficile à décrire : c'est une sorte de lutte «civilisée» : elle débute par un cérémonial entre les deux adversaires, le «salut de glima» - ils se serrent la main comme au tennis, et ils continuent en utilisant sept prises de lutte connues et acceptées, avec leurs variantes, et terminent par le salut. C'est un art délicat d'équilibre, fait d'agilité et de présence d'esprit. Les adversaires sont debout, toujours droits, toujours en mouvement, avec leurs mains accrochées à la ceinture de l'adversaire. Ces ceintures sont prolongées par des lanières qui entourent chaque cuisse. La force physique n'intervient que quand le lutteur essaie une prise et qu'il réussit à mettre l'adversaire sur terre. Comme dans le jeu d'échecs, pour chaque prise il y a une prise défensive. Les prises sont la prise de jambe ou coup extérieur, le talon arrière, l'accrochage, le coup intérieur-extérieur ou crochet, le déclic extérieur, la hanche, la fesse. On considère qu'il y a chute lorsque l'un des adversaires touche le sol avec ses épaules ou ses genoux, ou s'il tombe avec les deux mains derrière son dos. Si les deux tombent en même temps c'est une «chute-crampon» («hundafall», littéralement «chute de chiens»). Si une chute n'intervient pas dans un laps de deux minutes, la manche est jouée et chacun a droit à un demi-point. Le terrain doit être plat et de niveau. A l'intérieur un plancher de bois est recommandé. La surface fait environ 5 x 8m et à l'extérieur du terrain il faut une bande de 1 à 2m de large de la même matière que le terrain. Après la salutation initiale, les adversaires saisissent la ceinture de l'autre. La main droite passe sous le bras gauche de l'adversaire, au-dessus et juste derrière la hanche de celui-ci. Avec la main gauche il tient la partie extérieure de la ceinture sur la cuisse droite de son adversaire. Le pied droit est peu en avant du gauche. Avant de commencer les sept prises, les joueurs se déplacent par petits pas légers comme des mouvements de valse, testant le point faible de l'adversaire et attendant de pouvoir le déséquilibrer et le précipiter au sol. Aujourd'hui encore ce sport est pratiqué par de nombreux jeunes et chaque hiver des compétitions ont lieu autour des églises ou parmi les troupeaux de moutons, dans les gymnases et écoles. http://www.iceland.org/fr/lambassade/tout-sur-Islande/fetes-traditions/glima/ La lutte était le sport le plus répandu/populaire à l'époque Viking. Il était pratiqué dans toutes les classes de la société. Les femmes s'adonnaient également à la lutte. Partout où les Vikings se rassemblaient, la lutte faisait partie des divertissements. Thor était le dieu de la lutte et les règles de la lutte étaient même écrites dans le système judiciaire. Dans le livre des lois connu sous le nom de "Grågås", il y avait des règles de lutte. Il existait trois styles principaux : Lutte libre, Glima et Lutte brute. "Lutte libre" et Glima. Ces variantes étaient des jeux et à ce titre très appréciées par la population. Les garçons commençaient à s'entraîner dès l'âge de 7 ou 8 ans et continuaient à lutter jusqu'à un âge avancé. Les compétitions étaient divisées en plusieurs catégories basées sur la force et l'habileté. Des compétitions par équipe étaient également organisées entre différents districts. La lutte libre était à peine différente de celle d'aujourd'hui. En Glima, la force n'était pas aussi importante que la technique et l'équilibre. Les combattants se projetaient au sol par de façon fulgurante, grâce à des mouvements rapides et à la ruse, aussi bien avec les pieds qu'avec les mains. La Glima est encore pratiquée en Scandinavie de nos jours et l'on pense qu'elle est inchangée depuis l'époque Viking. "Lutte brute". Les combats étaient brutaux et sauvages. Les combattants étaient extrêmement puissants et parfois psychologiquement déséquilibrés (fous !). La force de ces hommes est la base sur laquelle se sont développées les légendes de géants qui luttaient contre des créatures surnaturelles. L'issue de ces batailles se décidait soit épinglant son adversaire de face soit par une projection arrière. Une autre façon de remporter la victoire pouvait être de faucher les deux jambes.
Les Viking appréciaient aussi la lutte aquatique (dans l'eau). http://www.viking.no/e/life/sports/ewrestle.htm Explications supplémentaires sur ces autres styles de lutte viking Hryggspenna Hryggspenna est similaire aux autres styles de lutte contemporaine (comme la lutte gréco-romaine) et est plus une confrontation de force que de technique. En Hryggspenna, les opposants saisissent l'autre par le haut du corps; quiconque touche le sol par une autre partie de son corps que les pieds a perdu le combat. Lausatök En Lausatök (lutte lâcher-attraper), les opposants peuvent utiliser la prise de leur choix. Ce style est une reconstruction moderne étant donné qu'il n'était plus pratiqué depuis au moins 100 ans avant d'être restauré par la génération passée. C'est un style beaucoup plus agressif qui se différencie de nombreuses façons avec les autres styles de luttes islandaises. Lausatök existe sous deux formes :
- une version pour la défense personnelle
- et une version pour la compétition sportive, amicale.
Dans les deux cas, toutes les techniques de lutte sont autorisées mais, dans la version édulcorée, elles doivent être exécutée de façon à ne pas blesser l'adversaire. Dans un tel combat sportif, le vainqueur est celui qui reste debout tandis que l'autre est allongé sur le sol. Cela signifie que si les deux opposants tombent ensemble au sol, le combat doit continuer au sol par l'usage de techniques obligeant l'autre à rester au sol tandis qu'on se relève soi-même. Encore plus différente des autres formes de lutte islandaise : le lausatök utilisé pour la défense personnelle (tel qu'enseignée seulement dans une paire d'endroits en Scandinavie). Dans ce type d'entraînement, les techniques douloureuses ou la façon d'exécuter les techniques, qui ne sont pas autorisées dans les autres styles de luttes islandaises, sont étudiées aussi librement et créativement que possible tant qu'on ne blesse pas son partenaire. Lausatök est une des influences dans la création de l'art martial européen Runa Glima qui inclut les armes "bâton bagué simple", "double bâton bagué", "triple bâton bagué" et couteau. Les runes historiques dans le contexte d'un combat psychologique sont aussi étudiées par les pratiquants de la Glima qui sont réputés pour avoir recours à des sorts magiques. http://en.wikipedia.org/wiki/Glima Champions historiques de glima Le prix suprême en Glima a toujours été la Grettisbelti (ceinture de champion). Le vainqueur est appelé pendant des décennies le Glímukóngur, c'est à dire le Roi de la Glima. Les compétition de Glima islandaise ont toujours eu lieu sans catégorie de poids et les meilleurs lutteurs de chaque époque s'y sont mesurés. Ci-dessous, une liste des vainqueurs par année, avec le nom de leur club ou ville. Rois de la Glima d'Islande (champion national) 1905 Ólafur Valdimarsson (UMFA) 1906 Ólafur Valdimarsson (UMFA) 1907 Jóhannes Jósefsson (UMFA) 1908 Jóhannes Jósefsson (UMFA) 4ème des Jeux Olympiques de 1908 en gréco-romaine chez les - de 73kg 1909 Guðmundur A. Stefánsson (Ármann) 1910 Sigurjón Pétursson (Ármann) 1911 Sigurjón Pétursson (Ármann) 1912 Sigurjón Pétursson (Ármann) 5ème des Jeux Olympiques de 1912 en gréco-romaine chez les - de 82,5kg 1913 Sigurjón Pétursson (Ármann) 1919 Tryggvi Gunnarsson (Ármann) 1920 Tryggvi Gunnarsson (Ármann) 1921 Hermann Jónasson (Ármann) 1922 Sigurður Greipsson (Umf. Bisk) 1923 Sigurður Greipsson (Umf. Bisk) 1924 Sigurður Greipsson (Umf. Bisk) 1925 Sigurður Greipsson (Umf. Bisk) 1926 Sigurður Greipsson (Umf. Bisk) 1927 Þorgeir Jónsson (Stefni) 1928 Þorgeir Jónsson (Stefni) 1929 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1930 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1931 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1932 Lárus Salómonsson (Ármann) 1933 Lárus Salómonsson (Ármann) 1934 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1935 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1936 Sigurður Thorarensen (Ármann) 1937 Skúli Þorleifsson (Ármann) 1938 Lárus Salómonsson (Ármann) 1939 Ingimundur Guðmundsson (Ármann) 1940 Ingimundur Guðmundssson (Ármann) 1941 Kjartan Bergm. Guðjónsson (Ármann) 1942 Kristmundur J Sigurðsson (Ármann) 1943 Guðmundur Ágústsson (Umf. Vöku) 1944 Guðmundur Ágústsson (Ármann) 1945 Guðmundur Ágústsson (Ármann) 1946 Guðmundur Ágústsson (Ármann) 1947 Guðmundur Ágústsson (Ármann) 1948 Guðmundur Guðmundsson (Ármann) 1949 Guðmundur Guðmundsson (Ármann) 1950 Rúnar Guðmundsson (Umf. Vöku) 1951 Rúnar Guðmundsson (Ármann) 1952 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1953 Rúnar Guðmundsson (Ármann) 1954 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1955 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1956 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1957 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1958 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1959 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1960 Ármann J Lárusson (Umf. R) 1961 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1962 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1963 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1964 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1965 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1966 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1967 Ármann J Lárusson (Umf. Breiðablik) 1968 Sigtryggur Sigurðsson (KR) 1969 Sveinn Guðmundsson (HSH) 1970 Sigtryggur Sigurðsson (KR) 1971 Sigtryggur Sigurðsson (KR) 1972 Jón E Unndórsson (KR) 1973 Jón E Unndórsson (KR) 1974 Hjálmur Sigurðsson (Umf. Víkverja) 1975 Pétur V Yngvason (Umf. Víkverja) 1976 Ingi Þór Yngvason (HSÞ) 1977 Ingi Þór Yngvason (HSÞ) 1978 Ómar Úlfarsson (KR) 1979 Ingi Þór Yngvason (HSÞ) 1980 Pétur V Yngvason (HSÞ) 1981 Ingi Þór Yngvason (HSÞ) 1982 Pétur V Yngvason (HSÞ) 1983 Eyþór Pétursson (HSÞ) 1984 Pétur V Yngvason (HSÞ) 1985 Ólafur H Ólafsson (KR) 1986 Ólafur H Ólafsson (KR) 1987 Eyþór Pétursson (HSÞ) 1988 Pétur V Yngvason (HSÞ) 1989 Ólafur H Ólafsson (KR) 1990 Ólafur H Ólafsson (KR) 1991 Ólafur H Ólafsson (KR) 1992 Jóhannes Sveinbjörnsson (HSK) 1993 Jóhannes Sveinbjörnsson (HSK) 1994 Orri Björnsson (KR) 1995 Jóhannes Sveinbjörnsson (HSK) 1996 Ingibergur Jón Sigurðsson (Ármann) 1997 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 1998 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 1999 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 2000 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 2001 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 2002 Ingibergur Jón Sigurðsson (Umf. Víkverja) 2003 Ólafur Oddur Sigurðsson (HSK) 2004 Pétur Eyþórsson (Víkverja) 2005 Pétur Eyþórsson (KR) 2006 Jón Birgir Valsson (KR) 2007 Pétur Eyþórsson (KR) 2008 Pétur Þórir Gunnarsson (HSÞ) 2009 Pétur Þórir Gunnarsson (HSÞ)

Le premier championnat du monde de Glima et d'Hryggspenna s'est tenu à Roskilde, au Danemark en août 2008. Pétur Þórir Gunnarsson (ci-dessus) est devenu le premier champion du monde de Glima chez les - de 100kg. Mais le plus grand champion de glima du XXème siècle, son seul champion iconique, le seul à avoir atteint (et dépassé) le seuil symbolique des 12 années (3 olympiades pleines) est Ármann J Lárusson : 15 fois détenteur de la ceinture (dont 14 consécutivement) de 1952 à 1967.

dimanche 25 juillet 2010

La lutte traditionnelle iranienne et ses influences de l'Empire Ottoman (Turquie) aux Indes (Inde, Pakistan et Bangladesh)

1- La lutte iranienne
2- Le style pahlavani
3- Origines et histoire
4 - La zurkhaneh
5 - Rangs et grades
6 - Pahlavans renommés
7 - Lutte à l'huile pour le sultan de l'Empire Ottoman et le Shah de Perse
8 - Lutte en Inde (dont le style pehlwani ou kushti)

1- La lutte iranienne, aussi connue sous le nom de Koshti en perse, possède une très longue tradition et histoire en Iran. Elle a été pratiquée depuis les temps anciens dans les différentes parties de l'Empire Perse sous des styles variés parmi lesquels le Pahlavani est le plus populaire.

Les styles de lutte iranienne peuvent être divisés en deux grandes catégories :
- dans la première, soulever et projeter son adversaire est synonyme de victoire;
- dans la seconde, c'est faire toucher le dos, le genou ou le bras de l'adversaire au sol qui apporte la victoire.

Les principaux styles de lutte traditionnelle iranienne sont :

- Pahlavani (ou Zurkhaneh) (dans tout l'Iran)
- Bachoukheh (province de Khorāsān)
- Chukha (province de Khorāsān)
- Gileh-Mardi (provinces de Gilan, Mazandarann et Golestan)
- Check-Chisht (province de Māzandarān)
- Loucho (province de Māzandarān)
- Tourkamani ou Kourach (province de Golestan)
- Ashirma (province d'Azerbaïdjan est)
- Kamari (région d'Azerabijan, turcs de Ghezel Bash)
- Baghal-be-Baghal (province de Qazvin)
- Zouran Patouleh et Zouran Machkeh (province de Kordestan)
- Catch Gardane (province de Baluchistan et Sīstān)
- Zhir-o-bal (régions de Kordish ; provinces de Kordestan, Kermanshah, Ilam)
- Jang (Lurestan et provinces de Chahar Mahal va Bakhtyari)
- Maghli (province de Bakhtyari Chahar Mahal va)
- Lori (province de Lorestan)
- Dasteh Baghal (province de Fars)
- Lashgarkeshi (province de Yazd)
- Kamarbandi (province de Esfahan)
- Kaviri (province de Kermān)

2- Varzesh-e Pahlavani (en persan : ورزش پهلواني), aussi appelé Varzesh-e Bastani (en persan : ورزش باستانى), traduit par "sport antique" ou "sport traditionnel"; est un sport national iranien qui consiste en une série de techniques de culturisme et de gymnastique accompagnées de lutte. De plus, ce sport accorde une grande importance à l'esprit chevaleresque, à la courtoisie et à la bravoure. Le Varzesh-e Pahlavani est normalement pratiqué dans une Zurkhaneh où différents accessoires sont utilisés pour l'entraînement (par exemple : Mīl, Kabbadeh, Sang et Takhteh Shena ). Les pratiquants de ce sport sont appelés des Pahlavan (littéralement "athlète").

Le Varzesh-e Pahlavani a été conçu à l'origine comme une sorte d'art martial en Perse antique et a joué un grand rôle dans la résistance des Iraniens contre les envahisseurs au cours de l'histoire. Depuis ses origines, il a acquis les valeurs morales, éthiques, philosophiques et mystiques de la civilisation iranienne. Le Varzesh-e Pahlavani a donc évolué jusqu'à devenir une institution unique ayant incorporé la richesse spirituelle du Soufisme, les rituels traditionnels du Mithraïsme et l'héroïsme du nationalisme iranien.

De nombreux grands lutteurs iraniens pratiquaient ce sport.

3- Origines et Histoire

Les iraniens furent une des premières nations du monde a attacher de l'importance à leur santé et à leur force; ils pratiquaient des exercices de culturisme et entrainaient leurs enfants à faire de même.

Hérodote, l'historien grec, a dit:

« Les iraniens développent trois habitudes chez leurs enfants entre 5 et 20 ans: l'équitation, le tir à l'arc et l'exactitude. »
L'éducation physique et spirituelle possède une longue histoire commençant avec les Mèdes jusqu'à l'époque Achéménide.

L'histoire des arts martiaux traditionnels iraniens peut être divisée en 4 périodes majeures. Il existe des trous entre ces périodes pendant lesquelles le Varzesh-e Pahlavani n'est pas mentionné (notamment époque Achéménide et Sassanide). Pendant ces périodes, le statut du sport est incertain, bien qu'on pense que le sport ait continué mais comme un facteur non dominant dans la culture nationale.

L'Iran ayant été envahi de nombreuses fois au cours de son histoire pendant les deux derniers millénaires, les patriotes iraniens, épris d'indépendance et de justice, étaient forcés, pendant ces périodes d'invasions étrangères, de se servir de petites salles construites en sous-sol auxquelles on accède par une petite porte (ces salles deviendraient ensuite les zurkhaneh). Ces salles servaient de salles de réunions aux patriotes, qui pouvaient ainsi se préparer aux différentes techniques de combat qui leur serviraient le jour où ils devraient se battre contre leurs ennemis. Les envahisseurs étrangers ont souvent détruits ces zurkhaneh ("maison de la force, de la chevalerie et de la générosité"), mais les iraniens continuaient à en construire.

3.1 - Origines mythiques
Les origines mythiques sont basées sur les récits de Ferdowsi dans le Shahnameh ("Livre des rois"). Les Pahlavans mythiques de cette époque se battaient contre les forces du mal. Parfois, le résultat d'une guerre, et éventuellement le destin des pays impliquées dans la guerre, était déterminé par un combat à mains nues, connu sous le nom de Koshti gereftan (la lutte). Le pahlavan légendaire de cette époque est Rostam (autour de 1065 avant J.-C.) , qui sauvait constamment l'Iran des forces du mal.

3.2 - Empire Parthe
Le Varzesh-e Pahlavani trouverait ses origines à l'époque de l'Empire Parthe (250 av. J.-C. - 224) pendant laquelle ce sport s'est développé en tant qu'entraînement des guerriers au combat et à leurs devoirs en général. Le mot Pahlavan vient du Parthe. Les chercheurs ont noté des similarités entre les rituels mithraïques et ceux du varzesh-e Pahlavani; même les formes des temples mithraïques et des zurkhaneh présente des similarités. Cependant, peu de traces subsistent de cette époque.

3.3 - Epoque islamique
Jusqu'à l'arrivée de l'Islam en Iran, le Varzesh-e Pahlavani était purement une forme d'exercice physique. Cependant, avec l'introduction de l'Islam en Iran puis de l'adoption du Chiisme comme religion d'état sous les Safavides quelques siècles plus tard, des dimensions nouvelles ont été ajoutées au Varzesh-e Pahlavani: la philosophie et la spiritualité de l'Islam. Le Soufisme a notamment été le moyen par lequel se sont exprimés ces dimensions nouvelles. On peut là aussi noter des similarités entre certains rituels du Varzesh-e pahlavani et ceux du soufisme.

3.4 - Période contemporaine
Le varzesh-e Pahlavani a atteint son apogée pendant la dynastie qajare, et plus particulièrement pendant le règne de Nassereddin Shah (1848-1896). À cette période, de nombreuses zurkhaneh ont été construites à Téhéran et ailleurs dans le pays. Le Pahlavan officiel de l'Iran, réminiscence des lutteurs nationaux de la mythologie persane était désigné au cours d'une cérémonie ayant lieu devant le Shah le 21 mars de chaque année, correspondant au nouvel an iranien. À cette occasion, le Shah remettait le Bazou band ("bracelet") au champion de la compétition, héros national iranien pour un an. Les Pahlavans ("lutteurs") les plus célèbres de tous les temps sont apparus à l'époque contemporaine (à partir du XIXe siècle) ; on peut citer Pahlavan-e Bozorg Razaz, Pahlavan Boloorforoush, Pahlavan Toosi et Jahan Pahlavan Takhti.

L'ascension de la dynastie Pahlavi a fait décliner ce sport. Le nouveau Shah d'Iran, Reza Shah, voulait transformer l'Iran en un pays moderne, et voyait donc toute référence aux traditions passées comme un conflit avec ses idéaux occidentaux. Il ne montra alors aucun intérêt dans ce sport, qu'il voyait comme une relique des cérémonies qajares.

Son fils, Mohammad Reza Pahlavi, devenu Shah en 1941, restaura ce qu'il restait de la tradition pahlavani. Le nouveau Shah était lui-même un sportif accompli. C'est pendant son règne que se tinrent les dernières compétitions nationales de lutte servant à désigner le Pahlavan officiel de l'Iran, à qui le Shah remettrait le bazou band. Malheureusement, la tradition pahlavanie fut très touchée quand le Shah nomma Shaban Jafari (qui était considéré comme un "voyou") à la tête dela fédération pahlavani.

C'est dans un effort fait pour briser les liens avec les traditions, populariser ce sport et augmenter le nationalisme iranien que le gouvernement iranien a renommé le sport Varzesh-e Bastani (en persan : ورزش باستانى). Suite à la révolution de 1979, le gouvernement islamique a commencé à regarder le sport d'un mauvais œil, de plus, l'attrait du football et d'autres sports occidentaux pour la jeunesse provoque un déclin dans la pratique de ce sport.

4 - La Zurkhaneh

4.1 -Description de la salle d'entraînement
Le Varzesh-e Pahlavani se pratique dans une salle ayant une structure particulière appelée zurkhaneh. Traditionnellement, les exercices se pratiquaient à l'aube et s'achevaient à la fin du lever du soleil. De nos jours, ils se déroulent plutôt le soir, après le coucher du soleil.

La zurkhaneh est généralement une salle construite en sous-sol à laquelle on accède par une petite porte (réminiscence du temps où la zurkhaneh servait de point de rencontre aux patriotes iraniens) ; à l'intérieur se trouve une espèce de puits de forme octogonale d'environ un mètre de profondeur et de 10 à 20 mètres de diamètre dans lequel s'exercent les pahlavans. Près de l'entrée se trouve une plateforme en hauteur (appelée Sardam) sur laquelle se trouve le 'Morshed (signifiant "meneur" ou "coordinateur"), qui dirige les exercices et les rythme à l'aide de chants épiques souvent tirés du Shâh Nâmâ ("le Livre des Rois"), de percussions effectuées avec un tombak. Une cloche (zang) accrochée à son côté permet de marquer le début et la fin des différents exercices.

4.2 - Déroulement d'une séance d'entraînement
La séance d'entraînement commence et se finit toujours par une prière (Niāyesh) menée par le morshed. Ces prières font souvent référence à la mentalité spéciale, aux attitudes et aux croyances des pratiquants. Ceux-ci se joignent au Morshed et prient pour la gloire du pays, la santé et la joie de son dirigeant, la respectabilité des pratiquants et des vétérans de la zurkhaneh, la puissance qui leur permette d'aider les plus faibles, la grâce de Dieu afin de rester en dehors du mauvais chemin et enfin l'amélioration de la justice et de la bonne conduite parmi l'humanité. Ils quittent ensuite le puits dans une façon organisée et hiérarchisée.

Les pahlavan ("lutteurs"), ayant remplacé les armes traditionnelles par des instruments liés à leurs exercices pendant les périodes de résistance (cf. ci-dessus), utilisent aujourd'hui les instruments suivants:

- Sang ("pierre" en persan), bouclier en métal.
- Mīl, une espèce de massue en bois.
- Kaman ou Kabbadeh, un instrument de métal ayant la forme d'un arc.
- Takhte, une barre servant à faire des pompes.

4.3 - Nom des différentes phases d'une séance d'entraînement :
- Pā zadan (échauffement)
- Sang gereftan (bouclier)
- Shena raftan (pompes)
- Mīl gereftan (Masse)
- Charkh zadan (toupie)
- Kabbadeh zadan (arc)
- Koshti gereftan (lutte)
- Niāyesh (prière)

5 - Rangs et grades
Le rang le plus bas est celui de nowcheh ou novice, suivi de celui de nowkhasteh ou étudiant avancé, et finallement celui de pahlavan ou champion. Il existe plusieurs grades de champion:

- Pahlavan-e Pahlavanan, "Pahlavan des Pahlavans" qui inclut les sportifs parrainés par le tribunal.
- Pahlavan-e Zoorgar, les maîtres-lutteurs ou hommes forts.
- Pahlavn-e Keshvar, les pahlavans acclamés parmi lesquels beaucoup de lutteurs iraniens ayant participé aux Championnats du monde ou aux Jeux Olympiques (comme Gholamreza Takhti), mais aussi les vainqueurs du brassard de pahlavani (récompense symbolique, comme une couronne d'olivier aux Jeux Olympqiues antiques).
- Pahlevan-e Bozorg ou Bozorg Pahlavan, littérallement "Haut-" ou "Grand Pahlavan", approximativement équivalent au rang de Grand Maître dans les arts martiaux d'Extrême Orient. Ce titre n'a été accordé qu'à très peu de pahlavans, tel que Pourya-ye Vali (qui vécut autour de 1300) et Haj Seyyed Hasan Razaz (1853-1941, aussi connu sous le nom de Pahlavan Shoja'at).
- Jahan Pahlavan, "Pahlavan mondial", le plus haut grade de Pahlavani dans l'armée iranienne avant l'invasion arabe. Un titre donné à Rostam, le légendaire Pahlavan ayant vécu autour de 1065 avant J.-C. d'après le poème épique de Ferdowsi : le Shahnameh (écrit au Xème siècle). Le contemporain Gholamreza Takhti est un autre Pahlavan qui a reçu ce titre honorifique.

6 - Pahlavans renommés :

6.1 - Période ancienne (651-1450):

- Abu Moslem-e Khorasani
- Yaghub-e Layth
- Babak khorramdin
- Asad Kermani
- Abdul Razagh Bashtini
- Shirdel Kohneh Savar
- Mahmood Kharazmi (Pahlavan-e Bozorg), connu sous le nom de Pouriya-ye Vali
- Mohammad Abol-seyyed Abolkheyr
- Mahmood Malani
- Darvish Mohammad Khorassani

6.2 - Période intermédiaire (1450-1795):
- Mirza Beyk-e Kashani
- Beyk-e Khorassani
- Hossein-e Kord
- Mir Baqer
- Jalal Yazdi
- Kabir-e Esfahani (Pahlavan-e Bozorg)
- Kalb Ali Aqa Jar

6.3 - Période moderne (1795-):
- Haj Seyyed Hasan Razaz (Pahlavan-e Bozorg), aussi connu sous le nom de Pahlavan Shoja'at.
- Ali Asghar Yazdi
- Haj Reza Qoli Tehrani
- Mohammad Mazar Yazdi
- Shaban Siyah Qomi
- Yazdi Bozrog (Pahlavan-e Bozorg)
- Akbar Khorassani
- Abolqasem Qomi
- Hossein Golzar-e Kermanshahi
- Sadeq-e Qomi
- Mirza Hashem Akbarian Tefaghi, Moblsaz Esfahani
- Yazdi Kuchak (dernier Pahlavan de l'Iran officiel)
- Aziz Khan Rahmani /Kurdistani aussi connu sous le nom de Sanandaji
- "Iron Sheik" (ancien lutteur et garde du corps du Shah devenu catcheur en Amérique)

6.4 Médaillés olympiques iraniens en lutte (liste non exhaustive) :
- Gholamreza Takhti (argent en 1952 à 79kg; or en 1956 à 87kg et argent en 1960 à 87kg; 4ème en 1964 à 97kg)
- Nasser Givechi (argent en 1952 à 62kg)
- Mohammed Ali Khojastepour (argent en 1956 à 52kg)
- Emamali Habibi Goudarzi (or en 1956 à 67kg)
- Mehdi Yaghoubi (argent en 1956 à 57kg)
- Abdollah Movahhed Ardabili (or en 1968 à 70kg)
- Mansour Barzegar (argent en 1976 à 74kg)
- Askari Mohammadian (argent en 1988 à 57kg)
- Amirreza Khadem Azghadi (bronze en 1992 à 74kg et en 1996 à 82kg)
- Rasoul Khadem (or en 1996 à 90kg)
- Abbas Jadidi (argent en 1996 à 100kg)
- Alireza Dabir (or en 2000 à 58kg)
- Alireza Rezaei (argent en 2004 à 120kg)
- Seyedmorad Mohammadi (bronze en 2008 à 60kg)

7 - Lutte à l'huile pour le Sultan (de l'Empire Ottoman) et le Shah (de Perse)

7.1 - Fusion de l'Islam et des traditions martiales
Au cours de la période où l'Islam se répandit en Asie mineure, la spiritualité et la philosophie sont devenu partie intégrante de la formation physique du pehlivan. La lutte à l'huile est devenue un sport à part entière. En Iran et dans l'Empire Ottoman, la lutte est devenue le sport national. En Iran, la lutte se développa dans l'institution déjà familière qu'était la zurkhaneh ou maison de la force, où les hommes socialisaient et s'engageaient dans des exercices athlétiques. Le lutteur est l'homme fort par excellence dans la culture populaire (en perse, le terme utilisé est "gros cou"), mais c'est aussi le pahlavan, le héros chevaleresque, qui est un esprit libre, généreux et loyal.

7.2 - La légende du Kirkpinar
L'année 1362 est décrite par les organisateurs du Kirkpinar d'Edirne comme la date à partir de laquelle les soldats ottomans commencèrent à organiser annuellement un tournoi de lutte à l'huile sur le lieu-dit de Kırkpınar, un champ de lutte près du village de Samona. Ainsi, d'après le Guinness Book of World Records, cette légende fait du Kirkpınar la compétition sportive continue la plus ancienne du monde.
Le premier combat entre deux lutteurs (les frères Ali et Selim) dura toute la nuit sans qu'aucun ne puisse prendre le dessus sur l'autre. Au matin, ils furent découvert mort d'épuisement leurs corps toujours enchevêtrés. Ils furent enterrés près d'un figuier, sépulture à partir de laquelle leurs camarades se lancèrent à la conquête d'Edirne (anciennement Andrinople qui, une fois conquise, devint la nouvelle capitale de l'Empire Ottoman; jusqu'à ce que Byzance soit à son tour conquise et rebaptisée Istanbul).
Arpès la conquête, les soldats revinrent sous le figuier et découvrirent une source d'eau claire. Ainsi, ils renommèrent ce lieu (qui jusque là était connu sous le nom d'Ahirköy) Kırkpınar, qui se traduit du turc : "les quarante sources".
Pour commémorer l'héroïsme des guerriers conquérants, un tournoi de lutte fut organisé annuellement sur ce site, et ainsi commença la plus ancienne compétition ininterrompue du monde encore organisée de nos jours.
Quelle que soit la part de conte, mythe ou histoire, il y a toujorus eu un respect commun entre lutteurs à l'huile. Le pehlivan est plus fort que quiconque, ayant un corps bien bâti, vêtu d'un lourd pantalon de cuir. Jusqu'à aujourd'hui, les lutteurs se versent de l'huile sur le corps. Et lorsqu'un jeune lutteur défait un plus âgé, il embrasse la main du vieux lutteur en signe de respect.

7.3 - Les Ottomans pactisent et s'inspirent des Perses
D'après les historiens, le mot pehlivan était anciennement utilisé pour désigner un officier, gouverneur ou grande et honnête personne. A partir du XVIème siècle, le terme fut exclusivement utilisé dans l'Empire Ottoman pour désigner les lutteurs sportifs.
C'était à l'époque de Süleyman Ier, connu à travers le monde sous le surnom de "Le Magnifique", y compris parmi de grands noms tels que Charles V (Empereur du Saint Empire — régnant sur l'Espagne, l'Allemagne et une partie de l'Italie), Henry VIII (Roi d'Angleterre de la dynastie Tudor), et François Ier (Roi de France de la dynastie Valois).
Süleyman, connu dans son propre pays sous le surnom de "kanuni", le Législateur, régna de 1520 à 1566, et c'est son fils Selim II qui lui succéda, pour lequel Mimar Sinan contruisit la mosquée Selimiye à Edirne, considérée comme le plus belle mosquée de Turquie.
Mais plus encore, ce fut l'ère de Murat III (1574–1595). Sous son règne, l'Empire Ottoman atteint la plus vaste étendue géographique de son histoire.
En 1590, un traité de paix fut signé entre Murat III et le Shah de Perse. Le modèle des pantalons de cuir date de cette époque. Le modèle est toujours en usage que ce soit pour les "pahlivan" iraniens ou les "pehlivan" turcs, à la seule différence que les pantalons d elutte turcs sont fait de cuir et appelés "kispet", tandis que les pahlivan iraniens portent des "pirpet", fait de soie ornée de motifs traditionnels.
De fameux lutteurs vinrent d'Iran à Istanbul pour se mesurer aux champions ottomans et des champions turcs furent invités en Perse pour montrer leur force.

7.4 - Recrutement des hommes forts
Avant 1582, toutes les recrues provenaient des prisonniers de guerre ou des esclaves, par le système du devşirme ou devshirme (des enfants chrétiens enlevés à leurs famille et enrollés de force dans l'une des quatre institutions : serviteurs du palais, scribe, religieux ou militaire). Grâce au devshirme, les meilleurs et les plus forts des garçons étaient recrutés dans toutes les provinces de l'Empire Ottoman. Seulement les plus forts et en meilleure santé avaient une chance de devenir pehlivan.

L'influence des Iraniens sur le sport a dû être très important puisqu'en Turquie, le départ traditionnel d'un combat de lutte à l'huile est encore appelé "peshrev"; un mot de langue perse. Et quelles que soient les réformes de la langue turque, en Turquie un lutteur est toujours appelé "pehlivan", ce qui signifie "héros" en perse.

Des championnats de lutte étaient tenus partout dans l'Empire Ottoman. Chaque ville et chaque village avait son tournoi annuel, comme aujourd'hui. La lutte apparaissait dans une grande variété de contextes, incluant des événements sociaux et des cérémonies. Il y avait de la lutte pour les jours de fêtes religieuses, pendant les soirées du mois de jeûne musulman, le Ramadan, lors des foires agricoles, des circoncisions et des mariages. Lors d'occasions spéciales, des compétitions de lutte de charité étaient organisées en dehors des palais. Seuls les meilleurs lutteurs étaient acceptés comme membre du corps d'élite des Janissaires.

8 - Lutte en Inde

Les différents styles de lutte qui existent à travers toute l'Inde et sont génériquement appelés en sanskrit "malavidya" ou "science de la préhension". Le véritable combat de lutte est appelé "malla-yuddha" dans le nord et "malyutham" dans le sud, tandis que le mot "malakhra" fait référence à la lutte comme un sport. Le Malla-yuddha a été codifié en quatre formes qui vont du concours de force purement sportif jusqu'au combat sans règle connu sous le nom de "yuddha". Etant donné son extrême violence, la dernière forme n'est généralement plus pratiquée. La deuxième forme, dans laquelle les lutteurs essaient de se soulever de terre les uns les autres pendant trois secondes, existe encore dans le sud de l'Inde. Malla-yuddha a pratiquement disparu dans le nord où il a été supplanté par le style pehlwani importé par la dysnastie musulmane des Moghol. Le Vajra-musti était un autre art martial dans lequel les compétiteurs luttaient tout en portant une sorte de ceste ou poing américain (parfois orné de pointes). Dans une variation plus tardive, les duellistes combattaient avec un bagh nakh (couteau à lame courbe).

De nombreux styles de lutte traditionnelle existent également dans les zones rurales de l'Inde, telle que le mukna de Manipur et la lutte Inbuan de Mizoram.

8.1 - Pehlwani (Urdu پہلوانی; Hindi: पहलवानी; or kushti; Urdu کشتی; Hindi कुश्ती) est un style indien de lutte populaire en Inde, au Pakistan et au Bangladesh. Il s'est développé au temps des Moghol par la synthèse du malla-yuddha indien et du Varzesh-e Pahlavani perse.

Un pratiquant de ce sport est appelé Pehlwan, ou Pahalwan, tandis que les isntructeurs sont connus comme des Ustaad, ou gourou pour les enseignants Hindous. Les champions invaincus de l'Inde portent le titre de Rustam-i-Hind, ce qui signifie "le Rostam de l'Inde", en référence au héros de l'épopée perse Shahnameh : Rostam.

Avec le temps, les méthodes d'entraînement venues d'Occident et la nomenclature d'Iran et d'Europe ont été introduites dans le Pehlwani. Des compétitions de lutte, connues sous le terme de dangals, sont tenues dans les villages et peuvent avoir leurs propres variantes de règles. Habituellement, la victoire est accordée par décision d'un groupe de juges, par mise hors combat (knockout), par arrêt de l'arbitre ou soumission.

8.1 - Histoire
L'ancienne forme de lutte d'Asie du Sud, appelée malla-yuddha, est pratiquée au moins depuis le Vème siècle avant JC et décrite dans le traité du XIIIème siècle Malla Purana. C'est le style précurseur du pehlwani moderne. Au XVIème siècle, l'Inde fut conquise par les Moghol d'Asie centrale, d'origine mongole et officiellement de culture perse. Ils apportèrent les influences de la lutte perse et de la lutte mongole au style local malla-yuddha, créant de ce fait le pehlwani moderne.

Dans un récent passé, l'Inde a eu de grands lutteurs de la classe du "Great Gama" (de l'Inde Britannique et, après la partition, du Pakistan) et de Gobar Goho. L'Inde atteint le pic de sa gloire lors des IVèmes Jeux d'Asie (plus tard nommés Jeux de Jakarta) en 1962 quand tous les sept lutteurs indiens engagés atteingnirent les podiums et à eux tous gagnèrent 12 médailles dans les styles de lutte libre et gréco-romaine. Cette performance fut répétée lorsque tous les 8 lutteurs envoyés aux Jeux du Commonwealth orgénisés à Kingston, en Jamaïque, ont reçu des médailles pour leur pays. Dans les années 1960, l'Inde était classée parmi les 8 ou 9 meilleures nations du monde et organisa même les Championnats du monde de lutte à New Delhi en 1967.

Les pehlwans qui participent aux compétitions de lutte de nos jours sont connus pour pratiquer aussi d'autres sports de préhension comme le judo et le jujutsu. Les lutteurs légendaires tels que Karl Gotch (qui participa aux Jeux Olympiques de 1948 puis fut professionnel dans les années 1950-1960) ont fait des tournées en Inde pour étudier l'art des pehlwani et leurs techniques spécifiques. http://en.wikipedia.org/wiki/Karl_Istaz
Karl Gotch reçut d'ailleurs en cadeau une paire de "mudgals" (équipement utilisé par les lutteurs indiens). Les exercices physiques du pehlwani furent ensuite incorporés dans l'entraînement à la fois du catch (combats simulés) et du shootwrestling (combat réel), et leurs dérivés. Ces systèmes ont aussi emprunté plusieurs projections, soumissions et amener au sol du pehlwani.

8.2 - Entraînement
Dans la lutte indienne, le "vyayam" ou entraînement physique signifie de dévelepopper la force, la musculature et la souplesse. Les exercises qui utilise le propre poids du corps du lutteur sont le "Surya Namaskara", le "shirshasan", et le "dand", qu'on trouve aussi dans le "hatha yoga", ainsi que dans le "bethak". Sawari (du persan "savâri", signifiant "le passager") est la pratique consistant à utiliser le poids de corps d'une autre personne pour ajouter de la résistance à de tels exercices.

Différents exercices peuvent aussi inclure des objets suivants :
- le "na"l est une pierre cylindrique avec une poignée à l'intérieur.
- le "gar nal" (poids pour le cou) est une pierre circulaire (anneau) portée autour du cou pour ajouter de la difficulté aux exercices de "dands" et "bethaks".
- le "gada" est une massue associée au dieu-singe Hanuman. Un exercice de "gada" consiste à soulever une lourde pierre attachée à l'extrêmité d'un bambou d'unmèter de long. Les trophées de Pahalwani ont la forme de ces "gadas" mais en argent ou en or.
- Les exercices de préparation physique peuvent également inclure les "dhakulis" qui sont des torsions, rotations, du grimper de corde, de la course, etc. Le massage est considéré comme une partie essentielle de la préparation des lutteurs indiens.

8.3 - Alimentation
D'après lécole de philosophie Samkhya, tout dans l'univers—y compris les humains, leurs activités et la nourritures—peuvent être classés en trois "gunas" : "sattva" (calme/bon), "rajas" (passionné/actif), et "tamas" (terne/léthargique).

En tant qu'activité vigoureuse, la lutte a une nature inhérente "rajasique", ce qui implique que les pahalwan devront consommer de la nourriture "sattvique". Le lait et le "ghee" qui sont considérés comme les aliments les plus "sattvique", constituent avec les amandes la sainte trinté du "khurak pahalwani" (du persan خوراک پهلوانی, khorâk-e Pahlavâni), ou diète. Un repas typique pour un pahalwan sont les pois chiches qui ont mariné une nuit dans l'eau et assaisonnés de sel, poivre et de citron ; l'eau dans laquelle les pois chiches ont mariné est également considérée comme nutritive. Le Kushti Bhartiya, mensuel de lutte Indien, recommande la consommation des fruits suivants : pommes, bois-pommes, bananes, figues, grenades, groseilles, citrons et pastèques. Jus d'orange et légumes verts sont également recommandés pour leur nature "sattvique". Certains pahalwan mangent de la viande en dépit de sa nature "rajasique".

Idéalement, les wrestlers sont censés pour éviter les aliments amer et excessivement épicés comme chatni et achar ainsi que chaat. Assaisonnement doux avec l'ail, cumin, coriandre et le curcuma est acceptable. La consommation d'alcool, tabac et paan est fortement déconseillée.

8.4 - Titres indiens en lutte
- Rustam-i-Hind: (aussi appelé Rustam-e-Hind) : champion de lutte de l'Inde en Hindoustani. Imam Baksh Pahalwan, Hamida Pahalwan, Dadu Chaugle et Harishchandra Birajdar de Maharashtra ont détenu ce titre de Rustam-I-Hind dans le passé.
- Rustam-e-Punjab : (ou Rustam-I-Punjab) : champion du Punjab en Hindustani. Pehalwan Salwinder Singh Shinda a été six fois Rustam-e-Punjab.
- Rustam-i-Zamana: Champion du monde de lutte en Hindustani. Le Grand Gama est devenu Rustam-I-Zamana quand il a battu Stanislaus Zbyszko en 1910.
- Bharat-Kesri: Meilleur lutteur poids lourd en Hindi. Les récents vainqueurs de ce titre incluent Rajeev Tomar (1m75, 90kg puis - de 120kg; vainqueur des Jeux du Commonwealth en 2007; employé des chemins de fer) et Palwinder Singh Cheema (1m95, 122kg, champion du monde junior en 2001, vainqueur des Jeux du Commonwealth en 2002, 2003 et 2005; de la police du Punjab).

lundi 10 mai 2010

Sports de combat élevés au rang de sport national

Quelques peuples ont élevé un art martial au rang de sport national.
Voici la liste de ces sports et dans quels pays ils ont obtenu ce prestigieux statut.

- lutte : en Azerbaïdjan, en Bulgarie, en Iran et en Turquie ... curieusement, la Russie, pays dominateur dans les luttes olympiques, n'est pas cité
- boxe anglaise : à Cuba, aux Philippines, en Thaïlande et aux Etats-Unis
- judo : au Japon
- sumo : au Japon
- ssirum : en Corée du Sud et Corée du Nord
- boxe birmane : en Birmanie
- lutte suisse : en Suisse
- muay thaï : en Thaïlande