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jeudi 23 septembre 2010

Principaux résultats des Sportaccord Combat Games 2010

Voici classés par ordre alphabétique, les treize arts martiaux et sports de combat retenus pour la compétition officielle des "Sportaccord Combat Games 2010" :

I-Aïkido

Par respect pour la philosophie du maître-fondateur Morihei Ueshiba, cet art martial, bien qu'officiellement présent lors de ces Jeux, n'a pas fait l'objet de classements individuels à l'issue des compétitions techniques. C'est la deuxième fois qu'il apparaissait dans une compétition multisports majeure après les Jeux Olympiques de 1964 où les budo (judo, karatédo, kendo et aïkido) étaient en sport de démonstration.

II-Boxe

Pour une fois, ce n'est pas Cuba qui s'impose en boxe anglaise amateur (cette nation n'était même pas présente à ces Jeux) mais la Chine avec 5 titres sur 10 catégories de poids. Le symbole est le vainqueur dans la catégorie reine des "+ de 91kg" : le Chinois Zhilei Zhang.

III-Judo

Pas de catégories de poids distinctes dans cette compétition. Le judo n'a, lui non plus, probablement pas envoyé l'élite de son sport qui a déjà une reconnaisance supérieure avec les Jeux Olympiques et des Championnats du monde auxquels près de 200 pays adhèrent (c'est le sport de combat le plus diffusé dans le monde en 2010, devant la boxe anglaise !). Le Japonais Masaru Momose s'impose en "toutes catégories" chez les messieurs (bronze pour le Français Jérôme Wustner).

IV-Ju-Jitsu

C'est le retour du Français Frédéric Husson (champion du monde 2004 et 2006) qui détrône le grand champion de ces dernières années, Rob Haans (Pays-Bas) dans la catégorie reine des "+ de 94kg". Outre sa version "combat", ce sport se décline aussi en duo techniques, hommes, femmes ou mixtes. La Russie, l'Allemagne, les Pays-Bas et la France étant les nations dominantes avec 2 titres chacune sur 13 catégories et/ou disciplines.

V-Karaté

Dans le style shotokan qui est sport officiel des Jeux Mondiaux depuis 1981, c'est le Français Ibrahim Gary qui remporte le titre des "+ de 84kg". La France, la Croatie et la Truquie remportent 2 titres chacune sur les 10 mis en jeu, hommes et femmes confondues.

VI-Kendo

Compétitions par équipe et compétitions individuelles ont été dominées par le Japon qui rafle tous les titres. En individuel, le Japonais Kazuo Furukawa s'impose contre un compatriote dans le maniement du sabre de bambou.

VII-Kick-Boxing

Ce sport de combat se déclinait, lors de ces Jeux SportAccord, en trois disciplines : "semi-contact" (pieds-poings à la touche), "full-contact" (pleine puissance mais sur le haut du corps seulement) et "low-kick" (coups de pieds et de tibias dans les jambes autorisés). 21 titres étaient en jeu mais toutes les catégories de poids (hommes et femmes) n'ont pas pu être représentées. Les nations fortes ont été : la Russie, l'Italie et l'Ukraine. Chez les messieurs, en individuels, on notera les victoires du Hongrois Kristian Jaroszkievicz en "semi-contact" dans la catégorie des 84kg (la plus lourde représentée), de l'Ukrainien Igor Prykhodko en "full-contact" chez les 81kg (la plus lourde représentée) et enfin du Russe Evgeny Gubar en "low-kick" chez les 81kg.

VIII-Lutte

Comme la boxe et le judo, la lutte olympique (qui se décline habituellement en trois styles : lutte gréco-romaine, lutte libre et lutte féminine) n'a pas besoin de ces Jeux SportAccord pour accroître sa notoriété. Par contre, c'était l'occasion de faire connaître deux styles récemment admis par la fédération internationale, la FILA. Le pankration et le grappling y ont ainsi présenté chacun trois catégories de poids chez les messieurs : 70kg, 80kg et 90kg. Pour cette première apparition dans une compétition de cette importance, c'est le Russe Mayindur Magomedov qui s'est imposé en "pankration" chez lez 90kg, et le Polonais Zbigniew Tyszka en "grappling" chez les 90kg (catégorie la plus lourde représentée). A noter la médaille d'or de David Pierre-Louis chez les 80kg et celle d'argent de Matthieu Husson chez les 70kg.

IX-Muay Thaï

Les Thaïlandais ont remporté presque toutes les médailles d'or jusqu'aux 71kg (4 titres sur 11 mis en jeu, hommes et femmes confondues) puis, au-dessus, ce sont les nations de l'Est (Russie, Ukraine, Bélarus) qui se sont montré les plus fortes. A titre d'exemple, dans la catégorie la plus lourde représentée (les 91kg), c'est le Bélarus Dzianis Hancharonak qui s'impose.

X-Sambo

Russie, Ouzbékistan et Allemagne se partagent les 6 titres mis en jeu (4 chez les messieurs : 68kg, 74kg, 90kg et + de 100kg; 2 chez les dames : 56kg et 64kg). En finale, le très attendu Alexander Emelianenko (champion du monde 2006 de sambo combat), frère du quadruple champion du monde de sambo combat Fedor Emelianenko (doublé en 2002, puis 2005, 2007), doit concéder un 0-0 face à l'Allemand Janosh Stefan qui est déclaré vainqueur par les juges.

XI-Sumo

Lors des SportAccord Games 2010, le Russe Alan Karaev réalise un exploit sans précédent en sumo amateur : le doublé lourds/toutes catégories. Son dauphin dans les deux épreuves est le Japonais Hiroaki Tanaka. Chez les lourds, le médaillé de bronze n'est autre que le vainqueur des championnats du monde 2008 et des Jeux Mondiaux 2009 : le Japonais Takashi Himeno. Enfin, en toutes catégories, le médaillé de bronze n'est autre que le Mongol Byambajav Ulambayar, champion du monde des lourds 2006 et 2007 et vainqueur des Jeux Mondiaux 2009 en toutes catégories.

Chez les moyens (- de 115kg), le titre revient à Ryo Ito (Japon) face à son compatriote Katsuo Yoshida. C'est la confirmation d'une passation de pouvoir après 5 années de règne (2004-2008) de Katsuo Yoshida.

Chez les légers (- de 85kg) : le Russe Nachyn Mongush s'impose face au Mongol Gantugs Rentsendorj tandis que le Japonais Takashi Shimako (champion du monde 2008) se contente de la 3ème place sur le podium.

XII-Taekwondo

Sport olympique depuis 2000, le taekwondo n'en finit pas de séduire. 8 catégories étaient représentée lors de ces Jeux SportAccord : 4 chez les messieurs, 4 chez les dames. Dans la catégorie la plus lourde représentée, les + de 80kg, c'est l'Italien Leonardo Basile qui obtient la médaille d'or. L'Espagne devance la Corée du Sud au classement des médailles.

XIII-Wushu

Cet art martial, ou plutôt cet ensemble qui synthétise près de 400 styles traditionnels, se déclinait lors de ces Jeux en 5 disciplines : le sanda/sanshou, le changquan, le nanquan/nangun, le daoshu/gunshu et le taijiquan/taijijian selon la prononciation en mandarin (du nord) ou cantonnais (du sud). Le sanda/sanshou, qu'on peut décrire comme la boxe chinoise (pieds-poings et projections) était représenté avec trois catégories de poids seulement : 56kg, 70kg et 85kg. Dans la catégorie reine des 85kg, le Chinois Jia Heng Xu créa l'exploit en s'emparant du titre devant le double champion du monde des 80kg, l'Iranien Hamidreza Gholipour et surtout la vedette actuelle de ce sport, le Russe Muslim Salikhov, quintuple champion du monde, qui doit se contenter ici d'une médaille de bronze.

En changquan, style traditionnel du nord de la Chine qui signifie « long poing » ou « boxe longue », le titre revint au représentant de Macao Rui Jia.

En nanquan/nangun, style traditionnel du sud, qui inclut la "boxe du sud", le "bâton du sud" ou encore le "sabre du sud", la victoire est revenue à l'Iranien Farshad Arabi.

En daoshu/gunshu ("dao shu" constituant la pratique du sabre. le qiang shu la pratique de la lance et le "gun shu" les techniques au bâton), c'est le Chinois Yong Xu Lv qui se montra le plus technique.

En taijiquan/taijijian, "lance", "sabre", "double sabre", "épée" ... victoire pour le Chinois Ying Qi Huang.

Bien sûr, le pays hôte s'impose dans son art de prédilection, le wushu, en remportant 7 des 13 médailles d'or mises en jeu hommes et femmes confondus.

Au tableau final des médailles par nation, toutes catégories de poids et toutes disciplines confondues, on trouve en tête la Russie (avec 18 médailles d'or, 11 d'argent et 10 de bronze) suivie du pays organisateur, la Chine (avec 15 d'or, 3 d'argent et 13 de bronze) et de l'Ukraine (avec 7 d'or, 5 d'argent et 11 de bronze). La France, l'Italie, le Japon, la Thaïlande et l'Espagne complètent le "Top8".

Tous les médaillés français (et françaises) à l'adresse suivante : http://competitioninformation.beijing2010.org/en/Root.mvc/MedalCountry/FRA

Résultats complets : http://competitioninformation.beijing2010.org/en/Root.mvc/Medals

Les premiers Sportaccord Games 2010 à Beijing (Pékin, en Chine)

Du 28 août au 4 septembre 2010, Beijing (Pékin, en Chine) a été le théâtre d’une compétition hors norme et attendue depuis longtemps par le monde des arts martiaux : les Sportaccord Combat Games 2010 (sportaccord est le nouveau nom de la GAISF : General Association of International Sports Federations).

L'Association générale des fédérations internationales de sports (AGFIS), en français, est une organisation reconnue par le Comité international olympique (C.I.O.) fondée en 1967 par les fédérations. Elle regroupe des associations sportives internationales, pour défendre leurs intérêts, coordonner leurs activités et défendre le sport dans le monde.

Cet évènement hors norme en préparation depuis 2009, a rassemblé plus de 650 compétiteurs dans 13 arts martiaux ou sports de combats différents ; certains sports se déclinant eux-mêmes en plusieurs disciplines et catégories de poids. Il faut également citer la boxe française savate, sport de démonstration sous sa forme "assaut", c'est-à-dire hors-combat (KO) interdits.

Ce fut la première rencontre internationale d’une telle envergure regroupant des arts martiaux dits « traditionnels » et des sports de combat olympiques ou non-olympiques.

L’aïkido fut également présent et cette annonce seule fit énormément parler. On a pu s’étonner de voir l’art de O Senseï (Morihei Ueshiba) se pratiquer avec un dossard alors que ce dernier ne souhaitait manifestement pas qu’on puisse gagner ou perdre en pratiquant son art. Toutefois, l’aïkido ne fut présent que pour des démonstrations techniques sans classement final (mais avec 80 personnes sélectionnées de part le monde).

samedi 18 septembre 2010

Pas facile de trouver des champions iconiques !

Dans l'Antiquité, quand on remportait trois fois les Jeux Olympiques ou l'autre compétition majeure qu'étaient les Jeux Pythiques (de Delphes), on obtenait un statut particulier : celui de vainqueur iconique. On recevait le droit d'avoir une statue sacrée, à son image et grandeur nature. On devenait l'équivalent d'une divinité. Ainsi, de véritables cultes furent rendus à plusieurs champions grecs ou romains.

De nos jours, la compétition multi-sport majeure demeure les Jeux Olympiques (Modernes). Si on y ajoute les Jeux Mondiaux, qui ont également lieu tous les quatre ans, on peut lister au moins huit sports de combat différents qui ont (ou ont eu) le statut de sport officiel.

Aux Jeux Olympiques :
- la lutte gréco-romaine
- puis la lutte libre
- la boxe anglaise amateur
- le judo
- le taekwondo (issu des Jeux Mondiaux)

Aux Jeux Mondiaux :
- le karaté (style shotokan)
- le ju-jitsu
- et le sumo amateur.

On pourrait aussi mentionner ceux qui ont été sports officiels mais qui ne le sont plus et ceux qui sont brièvement apparus aux Jeux Olympiques et/ou aux Jeux Mondiaux en tant que sports de démonstration :
- la glima, sport de démonstration aux JO de Stockholm (Suède) en 1912 ;
- la savate (sans parler de la canne de combat), sport de démonstration aux JO de Paris (France) en 1924 ;
- les budo (dont l’aïkido et le kendo), sports de démonstration aux JO de Tokyo (Japon) en 1964 ;
- le sambo, sport officiel des Jeux Mondiaux en 1985 et 1993 ;
- et les wushu, c’est-à-dire les arts martiaux chinois dont le sanda/sanshou, sport de démonstration aux JO de Pékin (Chine) en 2008 et aux Jeux Mondiaux de Kaohsiung (Taïwan) en 2009.

Quels sont les meilleurs champions "poids lourds" ou "toutes catégories" dans ces différents sports ? Trouve-t-on parmi eux des vainqueurs iconiques, c'est-à-dire des champions dont les règnes couvrent trois olympiades (12 années environ) ?

Lutte gréco-romaine : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Karelin (d'URSS puis de la CEI et enfin de Russie). Il domina pendant 3 années chez les "espoirs" (18-20 ans) avant de s'imposer 12 années consécutives chez les "seniors"; soit un total de 15 années chez les "- de 130kg". En Grèce antique, il aurait été adulé comme un demi-dieu.

Lutte libre : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Medved (d'URSS puis de la Bélarus) qui domina ce style d'abord chez les "-de 97kg" puis chez les "+ de 97kg" pendant un total de 10 années. Presque mais pas suffisant pour être "iconique".

Boxe anglaise amateur : Ce sport olympique a déjà fourni deux vainqueurs iconiques (triples champions olympiques) chez les poids lourds ou super-lourds depuis 1904 : Teofilo Stevenson et Felix Savon-Fabre, tous deux Cubains, qui, en comptant les championnats du monde et les coupes du monde pour être plus précis, ont régné respectivement 12 et 14 années.
Si on compte aussi la boxe anglaise professionnelle, depuis 1892 et l'introduction des gants, on doit rajouter deux autres champions iconiques : Joe Louis (1937-1949) et Mohamed Ali (JO de 1960 puis 1964-1967, 1974-1978 et 1978-1979), tous deux des Etats-Unis d'Amérique.

Judo : Si on considère le judo depuis que les compétitions sportives existent (1930), le meilleur est Masahiko Kimura, du Japon, qui a dominé son sport pendant 12 années de 1937 à 1949 (à cheval sur la Seconde Guerre Mondiale). Mais si on ne prend en compte les résultats que depuis 1956 (1ers championnats du monde) voire 1964 (1ère apparition aux JO), le meilleur est David Douillet, de la France, qui a dominé le judo pendant 7 années. Loin du statut "iconique".

Taekwondo (sport olympique issu des Jeux Mondiaux) : Le meilleur champion poids lourds du taekwondo fut le Sud-Coréen Je-Kyoung Kim vainqueur des JO de 1992 (en démonstration), des championnats du monde 1993, des championnats du monde 1995 et enfin de la coupe du monde et des championnats du monde 1997. Soit un règne de seulement 4 années. Très loin du statut "iconique" !

Karaté (style shotokan) : Le seul à s'être imposé en « toutes catégories » lors de deux compétitions mondiales distinctes est le Britannique Vic Charles : aux Jeux Mondiaux de 1981 puis de 1985. Il fut aussi champion du monde des "+ de 80kg" en 1986. Mais cela ne représente en réalité que 4 années de règne au niveau mondial. Très loin du statut "iconique" !

Ju-jitsu : Le Brésilien Marcello de Figueiredo devient le premier champion poids lourds de cette discipline (qui combine les frappes/atemis, les projections et le travail au sol) en 1994. Détrôné en 1996, il s'empare du premier titre aux Jeux Mondiaux en 1997. Mais en 1998, il est à nouveau défait dans la catégorie reine. Il redevient champion du monde en 2000 et 2002 (jusqu'en 2004). Au total, ses trois règnes représentent une domination de 7 années sur la discipline (voire 6 si on enlève l'année 2001 où sa catégorie n'était pas représentée aux Jeux Mondiaux). Loin du statut "iconique".

Sumo amateur : Dans cette discipline en pleine expansion, les deux plus titrés sont le Japonais Keiji Tamiya (devenu "Kotomitsuki" chez les professionnels) et le Mongol Byambajav Ulambayar. Le premier fut champion "+ de 115kg" en 1994 et 1997 avant d'être couronné champion "toutes catégories" en 1998. Le second fut champion "+ de 115kg" en 2006 et 2007 avant d'être couronné champion "toutes catégories" aux Jeux Mondiaux de 2009. Mais ces règnes ne représentent que 3 ou 4 années de domination sur la discipline. Très loin du statut "iconique" !
Même en prenant en compte le sumo professionnel, dont le plus titré fut le Japonais "Taiho", avec 32 Tournois de l'empereur (ou Basho) remportés, et le statut honorifique de yokozuna de 1961 à 1971, on n'obtient qu'une domination de 6 années sur la discipline. Pour trouver mieux, il faudrait remonter à des époques plus anciennes, à la fin du XVIIIème siècle avec Tanikaze et son élève Raiden qui remportèrent respectivement 21 et 28 Basho à une époque où à peine deux étaient organisés par an (contre six par an de nos jours).

Glima : Le meilleur de tous fut l'Islandais Armann J. Larusson vainqueur de 15 éditions annuelles du championnat toutes catégories (en 1952 puis de 1954 à 1967 inclus). Toutefois, malgré sa présence aux JO comme sport de démonstration, cette discipline n'était pratiquée jusqu'à récemment (premiers championnats du monde en 2008) qu'en Islande et en Suède. Ce champion "iconique" n'est guère plus qu'un champion national. Mais on pourrait en dire autant de Masahiko Kimura pour le judo ...

Savate (ou boxe française) : Les coupes ou championnats du monde n'existent que depuis 1989. Le meilleur poids lourd depuis cette date a sans doute été le Français Enoch Effah qui a été champion de France ou du monde en 2004, 2005, 2006 et 2007. 4 années de règne : on est très loin du statut "iconique".
Si on remonte avant Guerre, le meilleur fut Pierre Baruzy. Titré 11 fois champion de France des poids moyens, couronné dès 1922, il s'adjugea aussi la victoire aux JO de 1924 (en démonstration) et termina sa carrière par un titre "toutes catégories" en 1937.

Aïkido : Pas de compétition dans cette discipline.

Sambo : C'est le Russe Murat Khasanov qui est le champion du monde le plus titré en sambo sportif : 2000, 2001, 2002, 2003, 2005 et 2006. Il fut également champion de Russie de judo en 1999 (« + de 100kg ») et 2000 (« toutes catégories »). Loin du statut "iconique".

Wushu (plus spécifiquement : sanda/sanshou) : Le Russe Ataev Bozigit a dominé sa discipline de 1999 (catégorie "- de 80kg" pour commencer) à 2005 (tous les autres succès chez les "+ de 90kg") avec des titres de champion du monde ou de vainqueur de la coupe du monde en : 1999, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005. Cela représente un total de 7 années de domination, loin du statut "iconique".

Conclusion :
Sur plus d'un siècle, de 1896 à 2010, même en prenant en compte la douzaine de sports olympiques ou pré-olympiques, on ne trouve que 6 ou 7 champions iconiques :
- 4 en boxe
- 1 en lutte gréco-romaine
- 1 en judo
- et peut-être 1 en glima.

mercredi 12 mai 2010

Les champions du sanshou / sanda

Les championnats du monde de sanda/sanshou n'existent que depuis 1991 alors que les arts martiaux chinois (wushu) sont parmi les plus anciens au monde (la mythologie parle de 2600 ou 2700 avant J.-C. tandis que les témoignages historiques les plus anciens, notamment ceux écrits par Confucius, évoquent leur existence autour de 500 avant J.-C.).

Depuis 1991, 10 championnats du monde (seniors) ont été organisés, ainsi que 3 coupes du monde, 2 championnats du monde juniors et une fois des tournois olympiques.

Ne possédant des informations détaillées et complètes qu'à partir de 2002, je ne suis en mesure de présenter que quelques-uns des champions les plus titrés ... avec le risque de ne pas fournir leurs palmarès exhaustifs.

Des plus légers aux plus lourds :

René Catalan (Philippines) : vainqueur de la 2ème coupe du monde 2004 (-48kg), champion du monde 2005 (-48kg) et vainqueur de la 3ème coupe du monde 2006 (-48kg).
Benjie Rivera (Philippines) : champion du monde 2005 (-52kg) et vainqueur de la 3ème coupe du monde 2006 (-52kg)
Shuaike Zhang (Chine) : vainqueur de la 2ème coupe du monde 2004 (-56kg), champion du monde 2007 (-56kg) et vainqueur du tournoi olympique 2008 (-56kg).
Yu Fei Biao (Chine) : champion du monde 2005 (-60kg), vainqueur de la coupe du monde 2006 (-60kg) et champion du monde 2007 (-60kg).
Zhao Guang Yong (Chine) : champion du monde 2005 (-65kg) et vainqueur de la coupe du monde 2006 (-65kg)
Xu Yan Fei (Chine) : champion du monde 2005 (-70kg) et vainqueur de la coupe du monde 2006 (-70kg)
Ling Chan Cai (Macao) : champion du monde 2007 (-70kg) et vainqueur du tournoi olympique 2008 (-70kg).
Bian Mao Fu (Chine) : champion du monde 2005 (-75kg) et vainqueur de la coupe du monde 2006 (-75kg)
Dzhanhuat Beletov (Russie) : champion du monde 2007 (-75kg) et champion du monde 2009 (-75kg).
Liu Hai Long (Chine) : vainqueur de la coupe du monde 2002 (-80kg), champion du monde 2003 (-80kg), face au futur roi de la catégorie Muslim Sali(k)hov, et vainqueur de la coupe du monde 2004 (-80kg). Chez les professionnels, il remporta également le tournoi inaugural du "King of Sanda" en 2000.
Sali(k)hov Muslim (Russie) : champion du monde 2005 (-80kg), vainqueur de la coupe du monde 2006 (-80kg), champion du monde 2007 (-85kg), vainqueur du tournoi olympique 2008 (-85kg) et champion du monde 2009 (-85kg).
Hamid Reza Gholipour (Iran) : champion du monde junior 2006 (-80kg), champion du monde (senior) 2007 (-80kg).
Mohammad Reza Jafari (Iran) : vainqueur de la coupe du monde 2002 (-85kg), peut-être champion du monde 2003 (-85kg), vainqueur de la coupe du monde 2004 (-85kg), champion du monde 2005 (-85kg)
Ali Asghar Shabani (Iran) : vainqueur de la coupe du monde 2002 (-90kg), peut-être champion du monde 2003 (-90kg), champion du monde 2005 (-90kg) et vainqueur de la coupe du monde 2006 (-90kg).
Bozigit Atajev (Russie) : champion du monde 1999 (-80kg), champion du monde 2001 (+90kg), vainqueur de la coupe du monde 2002 (+90kg), peut-être champion du monde 2003, vainqueur de la coupe du monde 2004 (+90kg), champion du monde 2005 (+90kg) ... mais battu en finale des championnats du monde 2009 lors de son retour à la compétition.

En conclusion, malgré le grand nombre de champions chinois dans les petites catégories, les plus gros palmarès sont la propriété de deux Russes :
- Muslim Salikhov, dominateur des 80kg puis des 85kg de 2005 à 2009 (règne en cours) soit depuis 5 années;
- et Bozigit Atajev, issu des 80kg puis champion des poids lourds de 1999 à 2005 (inclus) soit pendant 7 années.
Il faut également citer :

- l'Etatsunien d'origine vietnamienne, Cung Le, 1m80, 84kg, qui est invaincu chez les professionnels tant en sanda/sanshou qu'en arts martiaux mixtes (MMA) mais qui, chez les amateurs, ne réussit à conquérir "que" trois médailles de bronze lors des championnats du monde de sanda/sanshou (probablement en 1995, 1997 et 1999).
http://en.wikipedia.org/wiki/Cung_Le

- Bao Li Gao (Chine, province de Mongolie Intérieure), 1m79, 78 à 86kg, célèbre pour avoir vaincu des adversaires issus d'autres styles que le sanda/sanshou, à savoir des champions de muay thaï (à Bangkok en 2003) et des karatékas du style dur kyokushinkaï (contre l'équipe nationale de Russie). Il évolue actuellement en arts martiaux mixtes (Art of War Fighting Championship) après avoir été "King of sanda" en 2002 et 2003 (tournoi professionnel inauguré en 2000).
http://en.wikipedia.org/wiki/Bao_Li_Gao

lundi 10 mai 2010

Le sanshou (ou sanda)

La Chine est non seulement le pays le plus peuplé du monde mais elle est en train de devenir la première puissance économique du monde. D'ores et déjà, elle a dépassé les Etats-Unis sur le plan sportif en coiffant toutes les grandes nations lors des derniers Jeux Olympiques organisés sur son sol.

C'est l'occasion de rappeler l'immense patrimoine martial de ce pays qui compte plus de 400 styles d'arts martiaux et de sports de combat traditionnels. Le plus ancien, la lutte shuai-jiao, aurait été développée dès le XXVIIème siècle avant JC d'après les légendes du mythique Empereur Jaune Huángdì ! Confucius cite cette forme de lutte au Vème siècle avant J.-C. soit près de mille année avant la création de la Boxe de Shaolin.

A l'image du sambo russe, fusion d'une vingtaine de luttes traditionnelles soviétiques, né dans les années 1920, les luttes traditionnelles chinoises combinées aux arts martiaux utilisant des techniques de percussion, ont été synthétisées dans un style unique dans les années 1960 : la sanshou. Etant donné la population chinoise et son développement sportif et économique, on peut aisément s'attendre à ce que le sanshou se répande dans le monde et devienne un des arts martiaux les plus pratiqués. Il rejoindra peut-être un jour le judo et le taekwondo aux Jeux Olympiques ...

En attendant, des championnats du monde sont organisés depuis 1991 et cette année 2009, la 10ème édition a eu lieu à Toronto au Canada. Par ailleurs, des rencontres professionnelles Chine-Thaïlande ont été organisées pour démontrer la valeur du sanshou. Enfin, quelques champions de sanshou se sont même illustrés en arts martiaux mixtes (MMA) : l'Etatsunien d'origine vietnamienne Cung Le et le Russe multiple champion du monde de sanshou Bazigit "Volk" Atajev.