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mercredi 19 janvier 2011

Les meilleurs parmi les meilleurs aux Sportaccord Combat Games 2010

La première édition des SportAccord World Combat Games (Jeux de Combat SportAccord), une compétition mondiale multisport dédiée aux arts martiaux et aux sports de combat, a eu lieu du 28 août au 5 septembre 2010 à Beijing, en Chine. Plus de 1000 athlètes des cinq continents ont participé et 118 médailles d'or ont été distribuées.

Deux nations se sont particulièrement distinguées, loin devant toutes les autres :
- la Russie (1ère)
- et la Chine, le pays organisateur (2ème).

Pourtant, on aurait pu s'attendre à voir d'autres pays s'illustrer en tant qu'inventeurs des 13 sports au programme de ces Jeux :

- le Japon grâce à l'aïkido, au judo, au ju-jitsu, au karaté, au kendo, au kick-boxing ("low kick") et au sumo;
- la Grande-Bretagne grâce à la boxe anglaise;
- les Etats-Unis grâce au kick-boxing ("semi-contact" et "full contact") et au "grappling" (un des deux styles de lutte représentés);
- la Thaïlande grâce au muay thaï;
- la Russie grâce au sambo;
- la Corée grâce au taekwondo;
- la Grèce grâce au "pankration" (un des deux styles de lutte représentés);
- et la Chine grâce au wushu.

Le Japon se classe 6ème, la Thaïlande 7ème, la Corée du Sud 18ème, la Grande-Bretagne 26ème, les Etats-Unis 40ème et la Grèce 41ème.

Ont réussi à se hisser dans les 8 meilleures nations sans avoir leur propre sport traditionnel au programme :
- l'Ukraine (3ème) ;
- la France (4ème), qui pourrait faire encore mieux lors de la prochaine édition puisque la boxe française savate, seulement en démonstration en 2010, sera au programme des prochains Jeux en 2013 ;
- l'Italie (5ème);
- et l'Espagne (8ème).

La Russie s'impose comme meilleure nation combattante avec 18 médailles d'or et un total de 39 médailles (1ère nation pour les compétiteurs masculins).
La Chine, juste derrière, obtient 15 médailles d'or sur un total de 31 médailles (1ère nation pour les compétitrices féminines).

Voici les vainqueurs en individuel de ces deux pays:

RUSSIE

KORZHAVIKH Pavel : Ju-Jitsu 62 kg Men
NEBOLSIN Dmitry : Ju-Jitsu 85 kg Men
MAGAMEDBEKOV Yusup : Kickboxing Fullcontact 75 kg Men
LUKASHOV Denis : Kickboxing Lowkick 63,5 kg Men
ABDULMEDJIDOV Shamil : Kickboxing Lowkick 67 kg Men
GUBAR Evgeny : Kickboxing Lowkick 81 kg Men
BOKOVA Fatima : Kickboxing Lowkick 60 kg Women
LEVIN Artem : Muaythai 75 kg Men
OMOKTUEV Bair : Sambo 74 kg Men
ALIEVA Marianna : Sambo 56 kg Women
ONOPRIENKO Ekaterina : Sambo 64 kg Women
MONGUSH Nachyn : Sumo Lightweight Men
KARAEV Alan : Sumo Heavyweight Men
KARAEV Alan : Sumo Open Division Men
ZHIGALOVA Anna : Sumo Heavyweight Women
KORESHKOV Andrey : Wrestling Pankration 80 kg Men
MAGOMEDOV Mayindur : Wrestling Pankration 90 kg Men
IVSHINA Tatiana : Wushu Nanquan & Nandao all-around Women

La Russie possède le seul compétiteur de ces Jeux à obtenir deux médailles d'or : le colossal Alan Karaev (1m98, 175kg). A noter également que les Russes excellent dans les sports mixtes (au sens : techniques de préhension + de percussions), à savoir : le ju-jitsu, le sambo combat et le pankration; sans oublier les 5 médailles d'or en kick-boxing.

CHINE

ZOU Shiming : Boxing 46-49 kg Men
ZHANG Jiawei : Boxing 56 kg Men
ZHANG Jianting : Boxing 75 kg Men
MENG Fanlong : Boxing 81 kg Men
ZHANG Zhilei : Boxing 91 kg+ Men
QIN Qian : Judo Open Category Women
SUN Yanan : Wrestling 48kg Women
QIN Xiaoqing : Wrestling 72kg Women
LV Yong Xu : Wushu Daoshu & Gunshu all-around Men
HUANG Ying Qi : Wushu Taijiquan & Taijijian all-around Men
LI Hai Ming : Wushu 56 kg Men
XU Jia Heng : Wushu 85 kg Men
MA Nan : Wushu Changquan Women
E Mei Die : Wushu 52 kg Women
WANG Gui Xian : Wushu 60 kg Women

Cinq médailles d'or en boxe anglaise (le sport olympique traditionnellement dominé par les Etats-Unis puis Cuba) et sept en wushu (sport national) ! Grâce à ces deux seuls sports, la Chine se hisse à la deuxième place du classement général par nations.

samedi 27 novembre 2010

Tournoi international de lutte mongole (bokh)

Depuis 2008, les fédérations de lutte mongole de Mongolie, de Russie et de Chine ont commencé à organiser des tournois internationaux entre toutes les ethnies mongoles. Les compétiteurs viennent de Mongolie, des plusieurs régions de Russie telles que la Tuva, la Buryatie, le Kalmyk et l'Altai, ainsi que de Mongolie Intérieure et du Xinjiang de Chine pour concourir les uns contre les autres dans le style de lutte "Khalkha".

Le premier championnat international ainsi organisé (... depuis la chute de l'Empire Mongol!) fut tenu à Oulan Bator, capitale de la Mongolie, en 2008, où Chimedregzengiin Sanjaadamba s'est imposé en "toutes catégories"; lui qui n'avait pourtant jamais remporté le titre national du Nadaam. En 2009, la compétition internationale eut lieu à Huhhot, en Mongolie Intérieure et une fois encore Sanjaadamba gagna ce championnat, sans avoir jusque-là remporté le titre national de Mongolie.

La compétition 2010 s'est tenue du 15 au 17 Juillet à Ulan-Ude en Buryatie, Russie. Cette fois, deux catégories de poids ont été créées: -75 kg et +75 kg. Dans la catégorie -75 kg, environ 45 lutteurs étaient engagés et au 5ème tour du championnat (à élimination directe) les 4 derniers en lice étaient : Ivan Garmaev (Buryatia), Kh.Munkhbayar (Mongolie), M.Batmunkh (Mongolie) et Seldys Mongush (Tuva). Seldys Mongush décrocha le titre au 6ème tour face à Kh.Munkhbayar. Pour la catégorie +75 kg, il y avait à peu près le même nombre de compétiteurs que dans la catégorie inférieure. Les deux meilleurs furent : Ch. Sanjaadamba (surnommé le "Lion de l'Armée") et D.Ragchaa ("Eléphant de la Nation"). Et, à nouveau, Sanjaadamba remporta le trophée du vainqueur, lui qui avait pourtant perdu au troisième tour du Naadam, cette année en Mongolie, lors de sa tentative de conquête du titre national.

vendredi 24 septembre 2010

Commentaires sur les vainqueurs des SportAccord Combat Games 2010

Alan Karaev (Russie), déjà double champion du monde "toutes catégories" de sumo amateur, et Frédéric Husson (France), déjà double champion du monde "poids lourds" (+ de 94kg) de ju-jitsu, sont les deux véritables vedettes de leur sport à avoir confirmé leur statut lors de ces SportAccord Combat Games 2010.

D'autres disciplines n'ont pas forcément envoyé leurs hommes forts; soit parce que les catégories ne pouvaient pas toutes être présentées, soit parce que d'autres compétitions plus prestigieuses les avaient retenus. Par exemple, en judo, ce n'est que le "poids lourds" (+ de 100kg) n°3 du Japon qui a été envoyé : Masaru Momose (les deux meilleurs étant Keiji Suzuki et Daiki Kamikawa, récent vainqueur de Teddy Riner). Ce qui n'a pas empêché Momose de s'imposer en "toutes catégories" lors de ces Jeux.
Voir : http://www.judoinside.com/uk/?factfile/tournament/6732/all_japan_judo_championships_men

Puis, il y a les vedettes qui ont échoué dans leur quête de l'or. Alexander Emelianenko en sambo par exemple, qui n'a été "que" médaille d'argent. Ou encore Muslim Salikhov en wushu sanda/sanshou qui n'a obtenu "que" le bronze.

Enfin, cette compétition a permis la consécration de certains combattants qui jusque là devaient se contenter du bronze ou de l'argent. Le boxeur chinois des "super-lourds" (+ de 91kg) Zhilei Zhang (deux fois médaillé de bronze aux championnats du monde 2007 et 2009, et une fois d'argent, aux Jeux Olympiques 2008) obtient enfin l'or; comble du bonheur : dans son pays natal.
Voir : http://www.les-sports.info/boxe-amateur-zhang-zhilei-resultats-identite-s21-c2-b4-o65-w30614.html

samedi 18 septembre 2010

Pas facile de trouver des champions iconiques !

Dans l'Antiquité, quand on remportait trois fois les Jeux Olympiques ou l'autre compétition majeure qu'étaient les Jeux Pythiques (de Delphes), on obtenait un statut particulier : celui de vainqueur iconique. On recevait le droit d'avoir une statue sacrée, à son image et grandeur nature. On devenait l'équivalent d'une divinité. Ainsi, de véritables cultes furent rendus à plusieurs champions grecs ou romains.

De nos jours, la compétition multi-sport majeure demeure les Jeux Olympiques (Modernes). Si on y ajoute les Jeux Mondiaux, qui ont également lieu tous les quatre ans, on peut lister au moins huit sports de combat différents qui ont (ou ont eu) le statut de sport officiel.

Aux Jeux Olympiques :
- la lutte gréco-romaine
- puis la lutte libre
- la boxe anglaise amateur
- le judo
- le taekwondo (issu des Jeux Mondiaux)

Aux Jeux Mondiaux :
- le karaté (style shotokan)
- le ju-jitsu
- et le sumo amateur.

On pourrait aussi mentionner ceux qui ont été sports officiels mais qui ne le sont plus et ceux qui sont brièvement apparus aux Jeux Olympiques et/ou aux Jeux Mondiaux en tant que sports de démonstration :
- la glima, sport de démonstration aux JO de Stockholm (Suède) en 1912 ;
- la savate (sans parler de la canne de combat), sport de démonstration aux JO de Paris (France) en 1924 ;
- les budo (dont l’aïkido et le kendo), sports de démonstration aux JO de Tokyo (Japon) en 1964 ;
- le sambo, sport officiel des Jeux Mondiaux en 1985 et 1993 ;
- et les wushu, c’est-à-dire les arts martiaux chinois dont le sanda/sanshou, sport de démonstration aux JO de Pékin (Chine) en 2008 et aux Jeux Mondiaux de Kaohsiung (Taïwan) en 2009.

Quels sont les meilleurs champions "poids lourds" ou "toutes catégories" dans ces différents sports ? Trouve-t-on parmi eux des vainqueurs iconiques, c'est-à-dire des champions dont les règnes couvrent trois olympiades (12 années environ) ?

Lutte gréco-romaine : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Karelin (d'URSS puis de la CEI et enfin de Russie). Il domina pendant 3 années chez les "espoirs" (18-20 ans) avant de s'imposer 12 années consécutives chez les "seniors"; soit un total de 15 années chez les "- de 130kg". En Grèce antique, il aurait été adulé comme un demi-dieu.

Lutte libre : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Medved (d'URSS puis de la Bélarus) qui domina ce style d'abord chez les "-de 97kg" puis chez les "+ de 97kg" pendant un total de 10 années. Presque mais pas suffisant pour être "iconique".

Boxe anglaise amateur : Ce sport olympique a déjà fourni deux vainqueurs iconiques (triples champions olympiques) chez les poids lourds ou super-lourds depuis 1904 : Teofilo Stevenson et Felix Savon-Fabre, tous deux Cubains, qui, en comptant les championnats du monde et les coupes du monde pour être plus précis, ont régné respectivement 12 et 14 années.
Si on compte aussi la boxe anglaise professionnelle, depuis 1892 et l'introduction des gants, on doit rajouter deux autres champions iconiques : Joe Louis (1937-1949) et Mohamed Ali (JO de 1960 puis 1964-1967, 1974-1978 et 1978-1979), tous deux des Etats-Unis d'Amérique.

Judo : Si on considère le judo depuis que les compétitions sportives existent (1930), le meilleur est Masahiko Kimura, du Japon, qui a dominé son sport pendant 12 années de 1937 à 1949 (à cheval sur la Seconde Guerre Mondiale). Mais si on ne prend en compte les résultats que depuis 1956 (1ers championnats du monde) voire 1964 (1ère apparition aux JO), le meilleur est David Douillet, de la France, qui a dominé le judo pendant 7 années. Loin du statut "iconique".

Taekwondo (sport olympique issu des Jeux Mondiaux) : Le meilleur champion poids lourds du taekwondo fut le Sud-Coréen Je-Kyoung Kim vainqueur des JO de 1992 (en démonstration), des championnats du monde 1993, des championnats du monde 1995 et enfin de la coupe du monde et des championnats du monde 1997. Soit un règne de seulement 4 années. Très loin du statut "iconique" !

Karaté (style shotokan) : Le seul à s'être imposé en « toutes catégories » lors de deux compétitions mondiales distinctes est le Britannique Vic Charles : aux Jeux Mondiaux de 1981 puis de 1985. Il fut aussi champion du monde des "+ de 80kg" en 1986. Mais cela ne représente en réalité que 4 années de règne au niveau mondial. Très loin du statut "iconique" !

Ju-jitsu : Le Brésilien Marcello de Figueiredo devient le premier champion poids lourds de cette discipline (qui combine les frappes/atemis, les projections et le travail au sol) en 1994. Détrôné en 1996, il s'empare du premier titre aux Jeux Mondiaux en 1997. Mais en 1998, il est à nouveau défait dans la catégorie reine. Il redevient champion du monde en 2000 et 2002 (jusqu'en 2004). Au total, ses trois règnes représentent une domination de 7 années sur la discipline (voire 6 si on enlève l'année 2001 où sa catégorie n'était pas représentée aux Jeux Mondiaux). Loin du statut "iconique".

Sumo amateur : Dans cette discipline en pleine expansion, les deux plus titrés sont le Japonais Keiji Tamiya (devenu "Kotomitsuki" chez les professionnels) et le Mongol Byambajav Ulambayar. Le premier fut champion "+ de 115kg" en 1994 et 1997 avant d'être couronné champion "toutes catégories" en 1998. Le second fut champion "+ de 115kg" en 2006 et 2007 avant d'être couronné champion "toutes catégories" aux Jeux Mondiaux de 2009. Mais ces règnes ne représentent que 3 ou 4 années de domination sur la discipline. Très loin du statut "iconique" !
Même en prenant en compte le sumo professionnel, dont le plus titré fut le Japonais "Taiho", avec 32 Tournois de l'empereur (ou Basho) remportés, et le statut honorifique de yokozuna de 1961 à 1971, on n'obtient qu'une domination de 6 années sur la discipline. Pour trouver mieux, il faudrait remonter à des époques plus anciennes, à la fin du XVIIIème siècle avec Tanikaze et son élève Raiden qui remportèrent respectivement 21 et 28 Basho à une époque où à peine deux étaient organisés par an (contre six par an de nos jours).

Glima : Le meilleur de tous fut l'Islandais Armann J. Larusson vainqueur de 15 éditions annuelles du championnat toutes catégories (en 1952 puis de 1954 à 1967 inclus). Toutefois, malgré sa présence aux JO comme sport de démonstration, cette discipline n'était pratiquée jusqu'à récemment (premiers championnats du monde en 2008) qu'en Islande et en Suède. Ce champion "iconique" n'est guère plus qu'un champion national. Mais on pourrait en dire autant de Masahiko Kimura pour le judo ...

Savate (ou boxe française) : Les coupes ou championnats du monde n'existent que depuis 1989. Le meilleur poids lourd depuis cette date a sans doute été le Français Enoch Effah qui a été champion de France ou du monde en 2004, 2005, 2006 et 2007. 4 années de règne : on est très loin du statut "iconique".
Si on remonte avant Guerre, le meilleur fut Pierre Baruzy. Titré 11 fois champion de France des poids moyens, couronné dès 1922, il s'adjugea aussi la victoire aux JO de 1924 (en démonstration) et termina sa carrière par un titre "toutes catégories" en 1937.

Aïkido : Pas de compétition dans cette discipline.

Sambo : C'est le Russe Murat Khasanov qui est le champion du monde le plus titré en sambo sportif : 2000, 2001, 2002, 2003, 2005 et 2006. Il fut également champion de Russie de judo en 1999 (« + de 100kg ») et 2000 (« toutes catégories »). Loin du statut "iconique".

Wushu (plus spécifiquement : sanda/sanshou) : Le Russe Ataev Bozigit a dominé sa discipline de 1999 (catégorie "- de 80kg" pour commencer) à 2005 (tous les autres succès chez les "+ de 90kg") avec des titres de champion du monde ou de vainqueur de la coupe du monde en : 1999, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005. Cela représente un total de 7 années de domination, loin du statut "iconique".

Conclusion :
Sur plus d'un siècle, de 1896 à 2010, même en prenant en compte la douzaine de sports olympiques ou pré-olympiques, on ne trouve que 6 ou 7 champions iconiques :
- 4 en boxe
- 1 en lutte gréco-romaine
- 1 en judo
- et peut-être 1 en glima.

lundi 23 août 2010

Les héritiers des Vikings

Chez les poids lourds, les "hommes forts" de la lutte, le classement des nations (depuis que les Jeux Olympiques Modernes et les Championnats du monde existent) est le suivant :

- en lutte gréco-romaine
1. la Russie (ex-URSS), avec 32 titres conquis par 10 champions différents
2. la Suède, avec 7 titres conquis par 6 champions différents
3. la Bulgarie, avec 7 titres conquis par 2 champions différents

- en lutte libre :
1. la Russie (ex-URSS), avec 32 titres conquis par 9 champions différents
2. les Etats-Unis, avec 8 titres conquis par 4 champions différents
3. la Turquie, avec 6 titres conquis par 4 champions différents.

La présence de la Turquie et de la Bulgarie semble une évidence quand on sait que l'Empire Ottoman (qui englobait ces deux pays jusqu'aux années 1920) organisait la plus importante compétition de lutte (et même de tous les sports confondus) jusqu'à ce que Pierre de Coubertin ne restaure les Jeux Olympiques. Cette compétition, le Kirkpinar d'Edirne, existe encore aujourd'hui, et a lieu annuellement sans discontinuer depuis le XIVème siècle.
Première puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis d'Amérique sont forcément également présents dans le domaine sportif, et leur style de lutte, la lutte libre, synthèse des nombreux styles traditionnels anglo-saxons, est un sport majeur des Jeux Olympiques Modernes.

Reste à expliquer la présence des deux autres nations de ces podiums : la Suède et surtout la Russie.

C'est l'historien romain Tacite qui, au Ier siècle de notre ère, a pour la première fois mentionné la Suède sous son nom actuel. Elle était alors habitée par les Angles, les Goths, les Burgondes et les Svears et peut être considérée comme le berceau des peuples germaniques. Après les grandes invasions des IVème et Vème siècles, et le départ des autres tribus, les Svears, restés seuls, étendirent leur autorité à l'ensemble du territoire. Ils créèrent ainsi le royaume des Suédois ou Svearnas Rike, expression qui a donné le terme actuel de Sverige. Du VIIIème au Xème siècle, ce pays connut une phase d'expansion considérable : les Vikings suédois ou Varègues s'emparèrent des côtes orientales de la mer Baltique et ouvrirent des voies commerciales qui, à partir des fleuves russes, les conduisirent jusqu'en Orient et Constantinople. Les conquérants Varègues appelés Ruotsi par les Finnois fondèrent Novgorod-la-Grande, Kiev, la "mère des villes russes" et donnèrent leur nom à la Russie (856-945).

Les Vikings commençaient à entraîner leurs enfants à la lutte dès l'âge de 5 ou 6 ans. Ils organisaient des compétitions dont les plus populaires se déroulaient dans l'île de Bren. Des prix substantiels décernés aux vainqueurs y attiraient aussi les lutteurs professionnels. De nombreuses compétitions avaient lieu à l'occasion des festivals qui comprenaient également d'autres jeux, des danses et des récitations de sagas.

Dans les pays scandinaves, à part l'Islande, les luttes traditionnelles ont disparu mais il reste des renseignements permettant de procéder à leur reconstitution ethnique et historique.
La ressemblance de certains de ces styles avec la lutte gréco-romaine est un élément important qui explique la supériorité absolue des lutteurs suédois et finlandais aux Jeux Olympiques de la première moitié du XXème siècle.

Puis des Russes dans la deuxième moitié du XXème siècle.