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mardi 10 septembre 2019

Respect - Le discours de Khabib Nurmagomedov après sa victoire contre Dustin Poirier (7 septembre 2019)

UFC 242: Khabib Nurmagomedov and Dustin Poirier Octagon Interviews


The most dominant fighter in UFC history, Khabib Nurmagomedov, moves to 28-0 with a submission victory over challenger Dustin Poirier at UFC 242: Khabib vs Poirier.





Source : https://www.youtube.com/watch?v=Rh8NGE4u4xI

dimanche 8 janvier 2012

Champions antiques et modernes, d'orient puis d'occident.

Durant l'Antiquité, les Sumériens puis les Egyptiens furent les premiers à organiser des compétitions sportives dédiées à leurs dieux et héros mythologiques. Mais ce furent les Grecs, à l'est de la Méditerranée, qui portèrent ces compétitions sacrées à un niveau jamais atteint auparavant. Quand, en 146 avant Jésus-Christ, le monde grec tomba sous la coupe de l'Empire Romain, ces compétitions continuèrent pendant plusieurs siècles. A l'orient succéda l'occident.

Les Temps Modernes connurent aussi leurs grandes compétitions sportives. La plus importante, du XIVème au XIXème siècle, fut le Kirkpinar d'Edirne. Il fut fondé en orient, au sein de l'Empire Ottoman. Mais à partir de 1896, sous l'égide des empires occidentaux français et britanniques, ce sont les Jeux Olympiques Modernes qui lui volèrent la vedette. Une fois encore, à l'orient succéda l'occident.

Le tableau ci-dessous présente les plus grands champions de chacune de ces grandes périodes (avant et après 146 avant JC; avant et après 1896).


Lutte
Pugilat/Boxe
Pancrace
Plusieurs disciplines
Antiquité sous la domination grecque
Milon de Crotone (carrière de 540 à 512 avant JC avec six titres olympiques et sept pythiques)
26 ans de règne
Tisandros de Naxos en Sicile (quatre titres olympiques de 572 à 560 avant JC et autant de pythiques)
16 ans de règne
Dorieos de Rhodes (carrière de 438 à 424 avant JC avec trois titres olympiques et quatre pythiques)
15 ans de règne
Théagènes de Thasos
(carrière de 490 à 473 avant JC; nombreux titres en pugilat et pancrace dont deux olympiques et trois pythiques)
15 ans de règne
Antiquité sous la domination romaine
Tibérius Claudius Patrobius d'Antiocheia de Syrie
(3 fois vainqueur olympique en 49, 53 et 57 après JC et 2 ou 3 fois pythique)
10 à 12 ans de règne
Demokrates de Magnesia (Maiandros)
(3 fois vainqueur olympique en 25, 29 et 33 après JC et 1 fois pythique)
8 ans de règne
Marcus Aurélius Demostratus Damas de Sardis
(2 fois vainqueur olympique en 173 et 177 après JC, 3 fois pythique et 2 fois de l'Agon Capitolin)
10 ans de règne
Titus Flavius Archibius d'Alexandrie
(2 fois vainqueur olympique en 101 et 105 après JC, 4 fois pythique et 4 fois de l'Agon Capitolin) titres en pancrace et en lutte
14 ans de règne
Temps Modernes sous la domination ottomane
Gaddar Kel Aliço
(26 fois vainqueur du Kirkpinar de 1861 à 1886)
26 ans de règne
Jack Broughton (de 1736 ou 1738 à 1750)
et
Tom Cribb
(1809 à 1822)
13 ans de règne


Epoque contemporaine sous la domination occidentale
Alexander Karelin
(3 fois champion olympique et 11 fois champion du monde dont 9 fois en senior, et vainqueur d'1 coupe du monde entre 1985 et 1999)
15 ans de règne
Felix Savon-Fabre (3 fois champion olympique, 7 fois champion du monde dont 6 fois en senior, et vainqueur de 4 coupes du monde entre 1985 et 2000)
14 ans de règne
Fedor Emelianenko (champion incontesté des arts martiaux mixtes de 2003 à 2010)
7 ans de règne



samedi 17 décembre 2011

Incertitudes sur le palmarès d'un des plus grands champions de l'Antiquité

Dans l'article de Wikipédia "Glaucos de Carystos", les différentes sources (antiques, moyenâgeuses et contemporaines) indiquant le palmarès de Glaucos de Carystos sont citées (http://fr.wikipedia.org/wiki/Glaucos_de_Carystos). Cela permet de mesurer les écarts énormes que cela peut représenter dans l'estimation de la durée réelle de son règne.


Selon l'auteur grec Pausanias du IIème siècle après J.-C. : il fut une fois vainqueur olympique, 2 fois pythique, et aux isthmiques et néméennes 8 fois dans chacun de ces concours.

Selon les anecdota graeca (3 volumes, publiés par Immanuel Bekker en 1814-20) qui feraient preuve d'incohérence :
- 20 années d'olympiades (?), 3 victoires pythiques et 10 isthmiques (vol. I, p. 232.24-29),
- ou 3 victoires olympiques, 8 pythiques et isthmiques, et plusieurs néméennes (vol. I, p. 227.24-28).
Le chercheur italien Luigi Moretti (qui fait référence en la matière depuis sa thèse de 1957) ne retient pour sa part que "3 victoires pythiques et 10 isthmiques" qu'il oppose au palmarès énoncé par Pausanias.


Selon la Souda (une encyclopédie grecque de la fin du IXème siècle) : 25 olympiques (?), 3 pythiques et 10 isthmiques.

Enfin, Cléanthis Paleologos dans "A travers les légendes d’Olympie¹ VIII" (paru dans la revue olympique en 1974) http://www.la84foundation.org/OlympicInformationCenter/RevueOlympique/1974/orf78/orf78x.pdf  : "Après cette première victoire au pugilat pour enfants, il en remporta encore trois au pugilat pour hommes, huit aux Jeux Isthmiques, huit à Némée, deux aux Jeux Pythiques et d’innombrables dans les compétitions d’Athènes, de Thèbes, Rhodes et de bien d’autres villes."


On oscille donc entre :
- victoire olympique : 1 (d'après Pausanias et Moretti) et 4 victoires olympiques (selon Cléanthis Paléologos) voire 20 à 25 années de règne selon les Anecdota Graeca ou la Souda (ce qui correspondrait à 5 voire même 6 olympiades)
- victoires pythiques : 2 (selon Pausanias) ou 3 victoires pythiques (selon la page 232 des Anecdota Graeca) et même jusqu'à 8 (page 227 des mêmes Anecdota graeca) ce qui correspondrait à 32 années de règne étant donné la périodicité de cette compétition (tous les 4 ans) ... mais à mon sens, il s'agit d'une erreur de traduction et il fallait lire :  "3 victoires pythiques, 8 isthmiques et néméennes, et plusieurs autres".
- victoires isthmiques : 8 (selon Pausanias) ou 10 victoires isthmiques (selon les Anecdota Graeca); cette compétition ayant pour sa part lieu tous les deux ans

- victoires néméennes : 8  (selon Pausanias, les Anecdota graeca ne précisant pas); cette compétition ayant également lieu tous les deux ans.


Estimation de la durée du règne de Glaukos de Karystos.

Dans la Période (six compétitions antiques majeures sur un cycle de 4 années), on peut considérer :
- soit les victoires olympiques et pythiques, comptabilisées comme valant chacune 2 années de règne,
- soit les victoires isthmiques et néméennes, comptabilisées comme valant chacune 1 année de règne. 


Minimum : 1 victoire olympique, 2 pythiques, 8 isthmiques et 8 néméennes (c'est la version la plus ancienne, celle de Pausanias). Glaukos aurait régné entre 6 et 16 ans, c'est à dire 11 +/-5 ans.


Maximum : 5 ou 6 olympiades (20 ou 25 années), 8 victoires pythiques, 10 isthmiques et 8 néméennes. Glaukos aurait régné entre 26 ou 28 ans et 18 ans, c'est-à-dire 22 +/- 4 ans et 23 +/-5 ans.
Cela dit, il n'est pas possible que Glaukos ait conquis 6 titres à Olympie en commençant en 520 avant J.-C. En effet, on ne connaît pas les vainqueurs précis des quatre olympiades suivantes (516, 512, 508 et 504) mais ensuite c'est Philon de Korkyra qui s'imposa (deux fois : en 500 et 496 avant J.-C.). Donc on retiendra 22 +/-4 ans.



Pour ma part, je retiens :
- 1 victoire olympique (celle de 520 avant J.-C.) citée par Pausanias, parce que les victoires olympiques étant les plus fameuses, elles devraient être précisément recensées ;

- 2 ou 3 pythiques, hésitant entre Pausanias et Cléanthis Paléologos, d'une part, et les Anecdota graeca et la Souda, d'autre part ;

- 8 ou 10 isthmiques, hésitant entre Pausanias et Cléanthis Paléologos, d'une part, et les Anecdota graeca et la Souda, d'autre part ;
- et 8 néméennes.
L'ensemble couvrant une période de 20 années pendant lesquelles Glaukos aurait remporté la plupart des compétitions panhelléniques mais pas toutes; à l'image de Mohamed Ali qui a dominé la boxe de 1960 (son sacre olympique) à 1979 (sa troisième conquête du titre poids lourds professionnel). "Un titre olympique et trois titres mondiaux", cela sonne ressemble d'ailleurs beaucoup à "un titre olympique et trois titres pythiques".



Conclusion : Glaukos aurait régné entre 8 ans (1 titre olympique et 3 pythiques) et 18 ans (10 titres isthmiques et 8 néméens), c'est à dire 13 +/-5 ans.

jeudi 20 octobre 2011

Champions de référence en lutte et boxe ... et après ?

Passés les deux ou trois premiers siècles après l'inscription des sports de combat aux Jeux Olympiques Antiques (lutte en 708 avant JC, pugilat en 688 avant JC et pancrace en 648 avant JC), tous les vainqueurs iconiques (c'est-à-dire les champions dont le règne s'est étendu sur douze années ou plus) se sont distingués en pancrace ou dans la combinaison "pancrace + un ou deux sports spécialisés".


Les règnes de référence (aux durées records), tant en lutte (26 +/-1 ans par Milon de Crotone) qu'en pugilat (16 +/-1 ans par Tisandros de Naxos en Sicile) ne seront plus battus ni même approchés durant le reste de l'Antiquité ou du Moyen-Âge.

Depuis la Révolution industrielle (au XVIIIème siècle), en passant par la renaissance des Jeux Olympiques Modernes (à la fin du XIXème siècle), de nouvelles références ont été inscrites pour la postérité :
- règne de 26 années en lutte, au Kirkpinar, par le Turc Gaddar Kel Aliço
- et règne de 14 années sur la boxe anglaise amateur par le Cubain Felix Savon-Fabre.
Ces deux durées records sont du même ordre de grandeur que celles établies dans l'Antiquité.
Si l'on en croit l'Histoire, on en restera probablement là.

Et ce sera donc vers l'équivalent moderne du pancrace, les "arts martiaux mixtes" (MMA en anglais), que les jeunes combattants s'orienteront en masse car tout, ou presque, reste à y accomplir !
En effet, pour l'instant, le plus long règne n'a duré que 7 années, par le Russe Fedor Emelianenko. C'est honorable bien sûr, mais une quinzaine de pancratiastes de l'Antiquité a fait mieux, voire nettement mieux. Deux champions ont même dominé le pancrace ou la combinaison "pancrace + pugilat" pendant une quinzaine d'années (soit le double de ce qui a été accompli par Fedor Emelianenko) : Théagènes de Thasos et Dorieos de Rhodes.

Alors, quels vont être les champions iconiques des temps modernes en MMA ?

samedi 18 septembre 2010

Pas facile de trouver des champions iconiques !

Dans l'Antiquité, quand on remportait trois fois les Jeux Olympiques ou l'autre compétition majeure qu'étaient les Jeux Pythiques (de Delphes), on obtenait un statut particulier : celui de vainqueur iconique. On recevait le droit d'avoir une statue sacrée, à son image et grandeur nature. On devenait l'équivalent d'une divinité. Ainsi, de véritables cultes furent rendus à plusieurs champions grecs ou romains.

De nos jours, la compétition multi-sport majeure demeure les Jeux Olympiques (Modernes). Si on y ajoute les Jeux Mondiaux, qui ont également lieu tous les quatre ans, on peut lister au moins huit sports de combat différents qui ont (ou ont eu) le statut de sport officiel.

Aux Jeux Olympiques :
- la lutte gréco-romaine
- puis la lutte libre
- la boxe anglaise amateur
- le judo
- le taekwondo (issu des Jeux Mondiaux)

Aux Jeux Mondiaux :
- le karaté (style shotokan)
- le ju-jitsu
- et le sumo amateur.

On pourrait aussi mentionner ceux qui ont été sports officiels mais qui ne le sont plus et ceux qui sont brièvement apparus aux Jeux Olympiques et/ou aux Jeux Mondiaux en tant que sports de démonstration :
- la glima, sport de démonstration aux JO de Stockholm (Suède) en 1912 ;
- la savate (sans parler de la canne de combat), sport de démonstration aux JO de Paris (France) en 1924 ;
- les budo (dont l’aïkido et le kendo), sports de démonstration aux JO de Tokyo (Japon) en 1964 ;
- le sambo, sport officiel des Jeux Mondiaux en 1985 et 1993 ;
- et les wushu, c’est-à-dire les arts martiaux chinois dont le sanda/sanshou, sport de démonstration aux JO de Pékin (Chine) en 2008 et aux Jeux Mondiaux de Kaohsiung (Taïwan) en 2009.

Quels sont les meilleurs champions "poids lourds" ou "toutes catégories" dans ces différents sports ? Trouve-t-on parmi eux des vainqueurs iconiques, c'est-à-dire des champions dont les règnes couvrent trois olympiades (12 années environ) ?

Lutte gréco-romaine : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Karelin (d'URSS puis de la CEI et enfin de Russie). Il domina pendant 3 années chez les "espoirs" (18-20 ans) avant de s'imposer 12 années consécutives chez les "seniors"; soit un total de 15 années chez les "- de 130kg". En Grèce antique, il aurait été adulé comme un demi-dieu.

Lutte libre : chez les poids lourds, le meilleur fut Alexander Medved (d'URSS puis de la Bélarus) qui domina ce style d'abord chez les "-de 97kg" puis chez les "+ de 97kg" pendant un total de 10 années. Presque mais pas suffisant pour être "iconique".

Boxe anglaise amateur : Ce sport olympique a déjà fourni deux vainqueurs iconiques (triples champions olympiques) chez les poids lourds ou super-lourds depuis 1904 : Teofilo Stevenson et Felix Savon-Fabre, tous deux Cubains, qui, en comptant les championnats du monde et les coupes du monde pour être plus précis, ont régné respectivement 12 et 14 années.
Si on compte aussi la boxe anglaise professionnelle, depuis 1892 et l'introduction des gants, on doit rajouter deux autres champions iconiques : Joe Louis (1937-1949) et Mohamed Ali (JO de 1960 puis 1964-1967, 1974-1978 et 1978-1979), tous deux des Etats-Unis d'Amérique.

Judo : Si on considère le judo depuis que les compétitions sportives existent (1930), le meilleur est Masahiko Kimura, du Japon, qui a dominé son sport pendant 12 années de 1937 à 1949 (à cheval sur la Seconde Guerre Mondiale). Mais si on ne prend en compte les résultats que depuis 1956 (1ers championnats du monde) voire 1964 (1ère apparition aux JO), le meilleur est David Douillet, de la France, qui a dominé le judo pendant 7 années. Loin du statut "iconique".

Taekwondo (sport olympique issu des Jeux Mondiaux) : Le meilleur champion poids lourds du taekwondo fut le Sud-Coréen Je-Kyoung Kim vainqueur des JO de 1992 (en démonstration), des championnats du monde 1993, des championnats du monde 1995 et enfin de la coupe du monde et des championnats du monde 1997. Soit un règne de seulement 4 années. Très loin du statut "iconique" !

Karaté (style shotokan) : Le seul à s'être imposé en « toutes catégories » lors de deux compétitions mondiales distinctes est le Britannique Vic Charles : aux Jeux Mondiaux de 1981 puis de 1985. Il fut aussi champion du monde des "+ de 80kg" en 1986. Mais cela ne représente en réalité que 4 années de règne au niveau mondial. Très loin du statut "iconique" !

Ju-jitsu : Le Brésilien Marcello de Figueiredo devient le premier champion poids lourds de cette discipline (qui combine les frappes/atemis, les projections et le travail au sol) en 1994. Détrôné en 1996, il s'empare du premier titre aux Jeux Mondiaux en 1997. Mais en 1998, il est à nouveau défait dans la catégorie reine. Il redevient champion du monde en 2000 et 2002 (jusqu'en 2004). Au total, ses trois règnes représentent une domination de 7 années sur la discipline (voire 6 si on enlève l'année 2001 où sa catégorie n'était pas représentée aux Jeux Mondiaux). Loin du statut "iconique".

Sumo amateur : Dans cette discipline en pleine expansion, les deux plus titrés sont le Japonais Keiji Tamiya (devenu "Kotomitsuki" chez les professionnels) et le Mongol Byambajav Ulambayar. Le premier fut champion "+ de 115kg" en 1994 et 1997 avant d'être couronné champion "toutes catégories" en 1998. Le second fut champion "+ de 115kg" en 2006 et 2007 avant d'être couronné champion "toutes catégories" aux Jeux Mondiaux de 2009. Mais ces règnes ne représentent que 3 ou 4 années de domination sur la discipline. Très loin du statut "iconique" !
Même en prenant en compte le sumo professionnel, dont le plus titré fut le Japonais "Taiho", avec 32 Tournois de l'empereur (ou Basho) remportés, et le statut honorifique de yokozuna de 1961 à 1971, on n'obtient qu'une domination de 6 années sur la discipline. Pour trouver mieux, il faudrait remonter à des époques plus anciennes, à la fin du XVIIIème siècle avec Tanikaze et son élève Raiden qui remportèrent respectivement 21 et 28 Basho à une époque où à peine deux étaient organisés par an (contre six par an de nos jours).

Glima : Le meilleur de tous fut l'Islandais Armann J. Larusson vainqueur de 15 éditions annuelles du championnat toutes catégories (en 1952 puis de 1954 à 1967 inclus). Toutefois, malgré sa présence aux JO comme sport de démonstration, cette discipline n'était pratiquée jusqu'à récemment (premiers championnats du monde en 2008) qu'en Islande et en Suède. Ce champion "iconique" n'est guère plus qu'un champion national. Mais on pourrait en dire autant de Masahiko Kimura pour le judo ...

Savate (ou boxe française) : Les coupes ou championnats du monde n'existent que depuis 1989. Le meilleur poids lourd depuis cette date a sans doute été le Français Enoch Effah qui a été champion de France ou du monde en 2004, 2005, 2006 et 2007. 4 années de règne : on est très loin du statut "iconique".
Si on remonte avant Guerre, le meilleur fut Pierre Baruzy. Titré 11 fois champion de France des poids moyens, couronné dès 1922, il s'adjugea aussi la victoire aux JO de 1924 (en démonstration) et termina sa carrière par un titre "toutes catégories" en 1937.

Aïkido : Pas de compétition dans cette discipline.

Sambo : C'est le Russe Murat Khasanov qui est le champion du monde le plus titré en sambo sportif : 2000, 2001, 2002, 2003, 2005 et 2006. Il fut également champion de Russie de judo en 1999 (« + de 100kg ») et 2000 (« toutes catégories »). Loin du statut "iconique".

Wushu (plus spécifiquement : sanda/sanshou) : Le Russe Ataev Bozigit a dominé sa discipline de 1999 (catégorie "- de 80kg" pour commencer) à 2005 (tous les autres succès chez les "+ de 90kg") avec des titres de champion du monde ou de vainqueur de la coupe du monde en : 1999, 2001, 2002, 2003, 2004 et 2005. Cela représente un total de 7 années de domination, loin du statut "iconique".

Conclusion :
Sur plus d'un siècle, de 1896 à 2010, même en prenant en compte la douzaine de sports olympiques ou pré-olympiques, on ne trouve que 6 ou 7 champions iconiques :
- 4 en boxe
- 1 en lutte gréco-romaine
- 1 en judo
- et peut-être 1 en glima.

lundi 10 mai 2010

Les très longs règnes en sports de combat (6) : Nouveau classement des meilleurs combattants de tous les temps (avec les valeurs maximum)

En prenant la valeur estimée maximum des règnes de seize champions d'exception, supérieurs même aux champions iconiques "normaux" (c'est-à-dire d'un règne long de douze années), voici ce que devient le classement des Meilleurs Combattants de Tous les Temps.

1- Milon de Crotone (lutte orthopale) : 28,1 années
2- Gaddar Kel Aliço (lutte yagli gures) : 26 années
3- Hipposthènes de Lacédémone (lutte orthopale) : 21,7 années
4- Hétoimoklès de Lacédémone (lutte orthopale) : 17,5 années
5- Torokishi Raiden (lutte sumo) : 17,2 années
6 ex aequo- Adali Halil (lutte yagli gures) : 16 années
6 ex aequo- Théagènes de Thasos (pugilat et pancrace) : 16 années
8- Tisandros de Naxos en Sicile (pugilat) : 15,1 années
9- Alexandre Karelin (lutte gréco-romaine) : 15 années
10- Dorieos de Rhodes (pancrace) : 14,6 années
11- Glaukos de Karystos (pugilat) : 14,4 années
12- Mohamed Ali (boxe anglaise amateur et professionnelle) : 14,3 années
13 ex aequo- Felix Savon-Fabre (boxe anglaise amateur) : 14 années
13 ex aequo- Titus Flavius Archibius d'Alexandrie (pancrace et lutte orthopale) : 14 années
15- Chairon de Pellene (lutte orthopale) : 13,6 années
16- Tom Cribb (boxe à mains nues) : 13,2 années

Sports de préhension

Les lutteurs, quel que soit leur style (orthopale, yagli gures, sumo, gréco-romaine ...) dominent ce classement. Ils sont 8 parmi les 16 meilleurs de tous les temps, 7 parmi les 10 meilleurs et occupent les 5 premières places ! Les trois meilleurs se démarquent même largement de tous les autres champions avec plus de 20 années de règne !
Milon de Crotone, l'Hercule du VIème siècle avant JC

Sports de percussion

Muhammad/Mohamed Ali est généralement présenté comme le plus grand sportif du XXème siècle. Pourtant, les spécialistes de boxe professionnelle lui préfèrent Joe Louis. Dans mes classements précédents, je le plaçais derrière Felix Savon Fabre car je considérais que son 1er règne chez les professionnels s'était arrêté en 1968 (quand ses titres avaient été conquis par Joe Frazier et Jimmy Ellis) et non à son retait officiel en 1970. Le règne de Mohamed Ali n'était donc "que" d'environ 13 ans, inférieur aux 14 années de Felix Savon Fabre. Mais même avec une valeur maximum de son règne (un peu plus de 14 années), il reste derrière le géant (2m15) de l'Antiquité, Glaukos de Karystos (connu pour son "coup du marteau" puis ses esquives du buste), et surtout derrière Tisandros de Naxos en Sicile, impérial pendant 15 années d'affilée.

Tisandros de Naxos en Sicile, pugiliste avec cestes du VIème siècle avant JC


Sports mixtes

Un seul pancratiaste ("pur") apparaît dans le classement des 16 meilleurs combattants de tous les temps. Il s'impose donc aisément comme le meilleur de tous les temps dans cette famille de disciplines dites "mixtes". Dorieos de Rhodes a quasiment tout gagné pendant 15 années d'affilée.

Pancratiastes

Combattants polyvalents

Théagènes/Théogènes de Thasos, pugiliste du Vème siècle avant JC, et Titus Flavius Archibius d'Alexandrie, pancratiaste à cheval sur les Ier et IIème siècles après JC, ont une particularité extraordinaire. En plus d'avoir longuement dominé leur discipline (pendant 13 ou 14 années), ils sont allés conquérir un ou deux titres majeurs dans une deuxième discipline : le pancrace pour Théagènes, et la lutte orthopale pour Archibius. Aucun athlète de l'époque moderne n'a encore accompli pareil exploit.

Les très longs règnes en sports de combat (5) : Nouveau classement des meilleurs combattants de tous les temps (avec les valeurs arrondies)

En faisant la synthèse des différentes méthodes de calcul des durées de règne, voici le nouveau classement des meilleurs combattants de tous les temps. En gras, on retiendra la valeur arrondie ou le meilleur compromis entre les différentes durées.

1- Milon de Crotone (lutte orthopale) : 26+/-1 -> 26,9 ou 28,1 années -> 27
2- Gaddar Kel Aliço (lutte yagli gures) : 26 -> 26 années
3- Hipposthènes de Lacédémone (lutte orthopale) : 24+/-3 -> 21,4 ou 21,7 années -> 22
4- Hétoimoklès de Lacédémone
(lutte orthopale) : 20+/-3 -> 17 ou 17,5 années -> 18
5- Torokishi Raiden
(lutte sumo) : 14 -> 17 ou 17,2 années -> 17
6 ex aequo - Adali Halil
(lutte yagli gures) : 18 -> 16 années
6 ex aequo - Théagènes de Thasos (pugilat et pancrace) : 15 environ -> 15,7 ou 16 années -> 16
8 ex aequo - Tisandros de Naxos en Sicile (pugilat) : 16+/-1 -> 15 ou 15,1 années -> 15
8 ex aequo - Alexandre Karelin (lutte gréco-romaine) : 15 environ -> 14,1 ou 15 années ->15
8 ex aequo - Dorieos de Rhodes
(pancrace) : 15 environ -> 14,3 ou 14,6 années -> 15
... suivis de près par ...
11 ex aequo - Felix Savon-Fabre (boxe anglaise amateur) : 14 années
11 ex aequo - Titus Flavius Archibius d'Alexandrie (pancrace et lutte orthopale) : 14 environ -> 14 années
11 ex aequo - Chairon de Pellene (lutte orthopale) : 16+/-3 -> 13 ou 13,6 années -> 14
14 ex aequo - Mohamed Ali (boxe anglaise amateur et professionnelle) : 13 années environ -> 12,4 ou 12,5 à 14,3 années -> 13
14 ex aequo - Tom Cribb (boxe à mains nues) : 13 -> 13,2 années * -> 13
14 ex aequo - Glaukos de Karystos
(pugilat) : 13 environ -> 7,6 à 14,4 ou encore 12,6 années -> 13

Pas de changement pour les quatre premiers. Les trois premiers étant nettement devant tous les autres. Et les deux meilleurs se départageant de peu.


Sortie de Chairon de Pellene du "top10" mais entrée d'un autre lutteur : l'énorme Raiden (1m97, 169kg).

Le meilleur lutteur (et combattant toutes disciplines confondues) reste Milon de Crotone.
Le meilleur pugiliste reste Tisandros de Naxos mais avec une moindre marge.
Le meilleur pancratiaste reste Dorieos de Rhodes.
Et le meilleur combattant polyvalent Théagènes (Théogènes) de Thasos.

* De février 1809 (date de son 2ème succès contre Jem Belcher après lequel il réclame le titre mondial laissé vacant par John Gully) à mai 1822 (date de sa retraite) : 13 ans et 3 mois soit 13,25 années.

Les très longs règnes en sports de combat (4) : application de la méthode de calcul à d'autres champions

Si on applique la méthode du ratio « victoires/participations x période de domination » pour déterminer la durée du règne d'autres champions (dont le règne a précédemment été estimé entre 14 et 16 années), on réalise qu'elle apporte effectivement de la précision.

Alexandre Karelin fut au sommet mondial dès 1985 avec un titre de champion du monde « espoir » et ne se retira qu'en 2000 sur sa défaite en finale des Jeux Olympiques (alors qu'il briguait une quatrième médaille d'or). Dans cet intervalle de 16 années, outre les championnats européens, il a participé à 2 coupes du monde, 11 championnats du monde (espoirs et seniors confondus) et 4 Jeux Olympiques. Il a remporté 15 de ces 17 compétitions. La première compétition à lui échapper a été la coupe du monde 1992 (alors qu'il avait pourtant remporté les championnats d'Europe et les Jeux Olympiques cette même année) et la seconde fut les Jeux Olympiques de 2000. Le calcul de la durée du règne donne : 15/17x16=14,1... années.
Sa deuxième place à la coupe du monde 1992 doit quand même être expliquée : il n'a pas été battu mais comme il n'a participé à tous les matchs, remplacé par son compatriote Andrey Grishin, il a obtenu moins de points au total que celui qui a obtenu la médaille d'or : David Koplovitz. Si on ne tient pas compte de cette compétition, le calcul donnerait directement : 15/16x16=15 années.
En simplifiant, j'avais converti ses 15 titres en 15 années de règne (en ne prenant pas en compte sa deuxième place derrière l'Etatsunien David Koplovitz en 1992, étant donné son succès olympique bien plus prestigieux). Mais en y regardant de plus près, j'ai constaté qu'Alexandre Karelin avait réalisé un doublé en 1987 (championnats du monde « espoirs » et coupe du monde) mais qu'en 1986, il n'avait pas gagné de compétition mondiale (seulement les championnats d'Europe « espoirs » … tout de même). Les vainqueurs au niveau mondial cette année-là ne furent pourtant pas n'importe qui :
- aux championnats du monde 1986 : le Suédois Tomas Johansson (1m93, 132kg), un habitué des podiums mondiaux et olympiques
- et surtout, à la coupe du monde 1986 : son compatriote et rival de la première heure Igor Rostorotzki (1m95, 128kg) par ailleurs champion du monde « espoirs » en 1981, champion du monde « seniors » en 1985 et 1987 (parallèlement aux titres « espoirs » de Karelin) et vainqueur des coupes du monde 1986 (donc) et 1988.
En définitive, la méthode d'estimation « au ratio » qui indique 14 années de règne plutôt que 15 années a vu juste. Alexander Karelin n'aurait pas régné 15 années (comme écrit dans le livre http://www.lulu.com/content/2252321) mais « seulement » 14. Il reste néanmoins le meilleur combattant du XXème siècle mais à égalité avec Felix Savon Fabre, le boxeur cubain.

Autres règnes de grands champions sur qui appliquer la méthode "au ratio"

nom du champion / 1er titre / dernier titre / période de domination à cheval sur / estimation actuelle du règne

Tisandros de Naxos en Sicile : -572 / -558 / 15 ans / 16+/-1 années

4 titres olympiques (572, 568, 564 et 560) et 4 titres pythiques (574, 570, 566 et 562 ou 570, 566, 562 et 558) à cheval sur 15 années. S'il s'est retiré après un 8ème titre majeur, son règne doit être estimé à : 8/8x15=15 années. S'il a tenté un 9ème titre, le calcul donne 8/9x17=15,1... années. Même résultat en fait.

Dorieos de Rhodes : -438 / -424 / 15 ans / 15 années environ.

Les victoires de Dorieos en pancrace sont nombreuses : Jeux Olympiques de 432, 428 et 424, Jeux Pythiques de 438, 434, 430 et 426, tous les Jeux Isthmiques de 438 à 424 inclus (8 en tout) et tous les Jeux Néméens de 437 à 425 inclus (7 en tout). Sur toute cette période, seuls les Jeux Olympiques de 436 manquent. 22/23x15=14,3... années. Peut-être ne s'est-il pas arrêté sur un succès et a combattu aussi en 423 (lors d'une 8ème édition des Jeux Néméens, pour clôre une Période). 22/24x16=14,6... années.

Chairon de Pellene : -356 / -344 / 13 ans / 16+/-3 années

4 titres olympiques à cheval sur 13 années et à peine deux autres connus (isthmiques).
4/4x13=13 années de règne. A-t-il tenté un 5ème pour égaler Hétoimoklès ? Si oui, le calcul donne 4/5x17=13,6 années.

Titus Flavius Archibius d'Alexandrie : 94 / 106 / 13 ans / 14 années environ

De nombreux succès dans la Période (ou Circuit) étendu de l'ère romaine. Mais on retiendra surtout les 2 titres olympiques (101 et 105 après JC), les 4 pythiques (probablement en 95, 99 et 103 dont un doublé lutte-pancrace) et les 4 lors de l'Agon Capitolin à Rome (en 94, 98, 102 et 106). Peuvent alors s'intercaler ses 4 succès aux Jeux Néméens (probablement en 92, 96, 100 et 104 après JC) pour compléter la succession annuelle des grandes compétitions.
Entre 92 (premier succès néméen) et 106 (quatrième succès capitolin), Archibius aura donc dominé à cheval sur 15 années, remportant 14 titres majeurs (13 + 1, grâce au doublé pythique) sur 15 possibles : 14/15x15=14 années de règne.

Les très longs règnes en sports de combat (3) : calcul des durées selon une nouvelle méthode

Une nouvelle façon de calculer la durée des règnes, va permettre d'affiner le classement des meilleurs combattants de tous les temps, voire de révéler des champions qui n'apparaissaient pas jusqu'alors dans les dix meilleurs.

On va prendre comme base la période incluse entre les dates du premier et du dernier titre, ou mieux de la dernière tentative de conquête d'un titre. Puis on va appliquer un ratio : nombre de couronnes sur nombre de participations aux compétitions les plus importantes.

Voici, présentés chronologiquement, les champions dont la domination complète ou partielle a duré le plus longtemps (de 5 à 7 olympiades, c'est-à-dire un minimum de 17 années !) :

nom du champion / 1er titre / dernier titre / période de domination à cheval sur/ estimation actuelle du règne *
* d'après le livre http://www.lulu.com/content/2252321

Hipposthènes de Lacédémone : -632 / -608 / 25 ans / 24+/-3 années

Entre son premier succès olympique et son sixième et dernier, sept Jeux Olympiques se sont écoulés. Comme c'était la seule compétition existant à l'époque, on peut penser qu'Hipposthènes a participé aux 7. Mais il n'en a gagné que 6 sur 7 en 25 ans. 6/7x25=21,4... années. Hipposthènes a ensuite accompagné son fils Hetoimokles aux Jeux de 604 avant JC. A-t-il concouru lui aussi ? Hetoimoklès chez les « paides » et Hiposthènes chez les « andres » ? Auquel cas, il connut à nouveau la défaite. Si oui, le calcul de la durée de son règne donne : 6/8x29= 21,7... années.

Hetoimokles de Lacédémone : -604 / -588 / 17 ans / 20+/-3 années

Hetoimokles a conquis 5 titres consécutifs : 5/5x17=17 années. A-t-il tenté un 6ème titre, pour égaler son père ? Si oui, c'est en 584 avant JC qu'il a connu la défaite. Le calcul donne : 5/6x21=17,5 années de règne.

Milon de Crotone : -540 / -514 / 27 ans / 26+/-1 années

Milon est resté invaincu jusqu'en 512 avant JC mais, contrairement à Hipposthènes, il n'a sans doute pas participé aux Jeux Olympiques de 536 quand il n'était qu'un « imberbe ». Entre 540, année de son premier titre « enfant » et 512, année de sa défaite chez les « adultes » alors qu'il avait dépassé la quarantaine, sa carrière s'est écoulée à cheval sur 29 années. Il remporta 32 des 33 grands Jeux sacrés auxquels il participa : 32/33x29=28,1... années de règne. Même en ne considérant que les plus importants, les Jeux Olympiques et les Jeux Pythiques, Milon a gagné 13 des 14 auxquels il a participé, à cheval sur 15 éditions (29 années). L'estimation de son règne revient à un minimum de : 13/14x29=26,9... années.

Glaukos de Karystos : -520 / … / 18 ou 19 ans / 13 années environ

Glaukos de Karystos a conquis dix titres isthmiques et huit néméens en plus de son titre olympique de 520 avant JC et de ses trois titres pythiques. Sa carrière au sommet s'étend donc au moins sur 19 années, durant lesquelles Glaukos a remporté presque toutes les compétitions de l'Isthme de Corinthe (10 sur 10) et de Némée (8 sur 9). Mais durant cette période, sur 10 grands titres possibles (5 à Olympie et 5 Delphes), il n'en a gagné « que » 4 : un olympique et trois pythiques. On peut donc calculer la durée de s règne véritable de deux façons :
- soit en ne comptant que les principales couronnes : 4/10x19=7,6 années
- soit considérant tous les titres comme équivalents : 22/29x19=14,4... années.
L'estimation précédente de 13 années (celle du livre), obtenue en pondérant deux fois plus les titres olympiques ou pythiques que les isthmiques ou néméens (moyenne de (1+3)x2 et de (10+8)x1) se retrouve effectivement dans ce large intervalle.
Imaginons également qu'après sa victoire à Olympie (où il avait été terriblement amoché), Glaukos n'ait plus voulu y retourner. Cela impliquerait qu'il ait fait l'impasse sur 4 éditions des Jeux Olympiques et qu'en fait il ait en réalité gagné 4/6 des grands Jeux (Olympie ou Delphes) auxquels il se soit présenté. L'estimation de la durée de son règne deviendrait : 4/6x19=12,6... années.

Théogènes de Thasos : -490 / -473 / 18 ans / 15 années environ.

Théogènes a conquis deux titres olympiques (un en pugilat, l'autre en pancrace), trois titres pythiques (tous en pugilat), dix isthmiques (dont un doublé pugilat-pancrace) et neuf néméens. Sa carrière au sommet s'étend sur 18 années (période correspondant à 9 cycles isthmiques + 9 néméens). Sur une telle période de domination, quelques titres majeurs lui ont échappé : les Jeux Olympiques de 488 et 484 (battu par Euthymos de Locres Epizéphyriennes lors de ces derniers) et les les Jeux Pythiques de 490 et 486. Sur 18 années, il aurait au maximum pu remporter 4 titres olympiques, 5 pythiques, 9 isthmiques et 9 néméens. Concernant les isthmiques, il a fait mieux que le maximum puisqu'il a cumulé deux disciplines. Théoriquement, le total maximum de titres serait 27. Voici ce que donne le calcul de son règne d'après le ratio « victoires/participations*période de domination » : 24/27x18=16 années. S'il a continué sa carrière jusqu'aux Jeux Olympiques de 472 avant JC (à nouveau remportés par son rival Euthymos de Locres), le calcul devient : 24/29x19= 15,7... années.

Dategaseki/Tanikaze : 1772 / 1793 / 22 ans / 11 années complètes

Dategaseki, premier sumotori à recevoir le titre de yokozuna de son vivant, rebaptisé Tanikaze, remporta 21 basho sur les 39 auxquels il participa. A cette époque, les tournois de l'empereur (basho) n’avaient lieu qu'une ou deux fois par an. Les succès de Tanikaze s’étalent sur la période 1772 (premier basho victorieux à l’âge de 22 ans) à 1793 (dernier succès à l’âge de 43 ans). Il continuera à combattre l'année suivante, 1794, l'année de sa mort. Sur une période à cheval sur 23 années, il aura totalement ou partiellement dominé 16 années :
1772 (1), 1774 (1/2), 1775 (1/2), 1776 (1), 1777 (1/2), 1778 (1/2), 1779 (2/2), 1780 (2/2), 1781 (2/2), 1782 (1/2), 1783 (2/2), 1784 (1/2), 1786 (1/2), 1788 (1/2), 1792 (2/2) et 1793 (½).
Dans livre « Le meilleur combattant de tous les temps » (paru chez Lulu.com), c'est le nombre d'années de pleine domination qui avait été retenu (chaque titre comptant pour 6 mois). Son règne était donc estimé à 10,5 années (=21/2). Première correction : il aurait fallu compter 11,5 années puisqu'en 1772 et 1776, il n'y avait eu qu'un seul basho par an. Le calcul de son règne d'après le ratio « victoires/participations*période de domination » apporte un plus : on écarte les non-participations qu'on comptait jusque-là comme des défaites. Cela donne : 21/39x23=12,3... années.

Torokishi Raiden : 1790 / 1810 / 21 ans / 14 années complètes

Entre 1790 (date de son premier succès, à 23 ans) et 1810 (date de son dernier, à 43 ans), Raiden a remporté un total de 28 basho. En voici le détail, année après année : 1790 (1/2), 1793 (1/2), 1794 (2/2), 1795 (½), 1796 (½), 1797 (2/2), 1798 (2/2), 1799 (2/2), 1801 (½), 1802 (½), 1803 (2/2), 1804 (½), 1805 (2/2), 1806 (½), 1807 (2/2), 1808 (2/2), 1809 (2/2) et 1810 (2/2). Ainsi, il a dominé totalement ou partiellement 18 années différentes.
Au tout début de sa longue carrière, Raiden a été dans l'ombre de Tanikaze et d'Onogawa mais à partir de l'année 1793, il a régné pratiquement sans rival. Il a en effet remporté au moins un basho par an (à l'exception d'un « trou » en 1800), et, surtout, il n'en laissa échapper que 2 auxquels il participa (en 1800, battu par Sendagawa et en 1806 battu par Ookido). Les trois dernières années de sa carrière (1808,1809 et 1810), il a quand même parfois été égalé par un autre sumotori : Kashiwado, avec qui il partagera les titres dans trois bashos.
Dans le livre « Le meilleur combattant de tous les temps », en partant du principe qu'un basho équivalait à 6 mois de règne, la durée du règne de Raiden a été estimée à 14 années pleines. Mais s'il avait été un champion au règne continu, comme par exemple en boxe anglaise professionnelle, on aurait dit qu'il avait été champion :
- éphémèrement en 1790 (le temps d'un basho, après 3 victoires et avant 2 autres d'Onogawa),
- ensuite de 1793 à 1800 (7 années)
- puis de 1801 à 1806 (5 années)
- et enfin de 1806 à sa retraite en 1811 (5 années), soit un total de près de 18 années.
Un façon de trancher entre les deux estimations, 14 ou 18 années de règne, c'est de considérer la proportion de victoires par rapport aux participations à des bashos. En effet, contrairement à son maître Tanikaze, Raiden ne participa pas à tous les bashos une fois arrivé au sommet de sa carrière (1790-1810). Durant ces 21 années, il fit l'impasse sur 7 basho mais participa quand même à 34 et surtout, en remporta 28.
28/34x21=17,2... années.

Gaddar Kel Aliço : 1861 / 1886 / 26 ans / 26 années

Pour ce champion, le calcul est facile. Il gagna tous les Kirkpinar de 1861 à 1886, ne s'inclinant qu'à son 27ème, face à Koca Yusuf Ismaëlo. 26/27x27=26 années de règne.

Cassius Clay/Mohamed Ali : 1960 / 1979 / 20 ans / 13 années environ.

Cassius Clay a été champion olympique en 1960 à 18 ans. Ensuite, il est devenu boxeur
professionnel et est demeuré invaincu jusqu'à sa conquête de titre en février 1964. Il a régné comme champion du monde professionnel de 1964 à 1968 (destitué pour avoir refusé de participer à la guerre du Vietnam, puis retrait officiel en février 1970 pour laisser le titre mondial unifié au vainqueur du combat Joe Frazier-Jimmy Ellis ... mais Frazier était devenu champion NYSAC dès mars 1968 ; et Ellis champion WBA dès avril 1968), a reconquis son titre en octobre 1974 (deuxième règne jusqu'en février 1978) puis a pris sa revanche sur son tombeur Leon Spinks la même année 1978, en septembre, pour finalement se retirer en septembre 1979. Au total, il a bien régné : 4 ans et 1 ou 2 mois + 3 ans et 4 mois + 1 an soit 8 années et 5 ou 6 mois (c'est-à-dire 8,4 ou 8,5... années) comme champion du monde poids lourds parmi les professionnels.
Si on accorde une valeur de 4 années à un titre olympique, à l'époque où c'était la seule compétition en boxe amateur de niveau mondial, on a bien un total de 12,4... ou 12,5 années de règnes cumulés. Par contre, si on ne prend pas comme repère le retrait de sa licence et le partage de ses titres en février et avril 1968 mais son retrait officiel en février 1970 comme fin de son premier règne chez les professionnels, on peut monter jusqu'à 14,3... années !

Lennox Lewis : 1983 / 2004 / 22 ans / 11 années

Décrié pour son style ennuyeux, Lennox Lewis a quand même été triple champion du monde poids lourds chez les professionnels (comme Mohamed Ali), avec deux reconquêtes contre les deux seuls boxeurs à l'avoir battu. Comme Ali, il fut également champion olympique chez les amateurs, et même, en plus, champion du monde junior. Au final, ses règnes cumulés s'élèvent à 11 années, certes derrière Mohamed Ali mais uniquement parce que le titre olympique de ce dernier est pondéré de 4 années (contre une seule à Lewis).

Les très longs règnes en sports de combat (2) : périodes de domination

Les meilleurs combattants de l'Histoire (tous sports de combat confondus) ont été classés, ci-dessous par "période de domination". Cela représente des règnes complets (continus) ou partiels (discontinus), du premier titre majeur au dernier, mais qu'on pourra prolonger jusqu'à la dernière tentative de conquête d'un titre (signe que le combattant fait toujours partie des meilleurs même s'il n'est plus le meilleur).
Pour une meilleure lisibilité, les champions ont été regroupés par tranche d'une olympiade.

Règnes à cheval sur 7 olympiades (25 années ou plus) :
1er titre / dernier / à cheval sur
Hipposthènes de Lacédémone : -632 / -608 / 25 ans
Milon de Crotone : -540 / -514 / 27 ans
Gaddar Kel Aliço : 1861 / 1886 / 26 ans

Règnes à cheval sur 6 olympiades (21années ou plus) :
1er titre / dernier / à cheval sur
Dategaseki/Tanikaze : 1772 / 1793 / 22 ans
Torokishi Raiden : 1790 / 1810 / 21 ans
Lennox Lewis : 1983 / 2004 / 22 ans

Règnes à cheval sur 5 olympiades (17 années ou plus) :
1er titre / dernier / à cheval sur
Hetoimokles de Lacédémone : -604 / -588 / 17 ans
Glaukos de Karystos* : -520 / … / 18 ans
Théogènes de Thasos : -490 / -473 / 18 ans
Cassius Clay/Mohamed Ali : 1960 / 1979 / 20 ans

* Doté d'une taille et d'une force prodigieuses mais totalement frustre techniquement, ce jeune adulte s'est présenté à Olympie pour s'imposer dans la douleur. Blessé, meurtri, il n'y connaîtra plus la victoire (ou peut-être n'y reviendra-t-il plus). Par contre, il s'imposera trois fois aux Jeux Pythiques et cumulera entre 16 et 18 victoires (selon les sources) lors des Jeux Isthmiques ou Néméens.

Règnes à cheval sur 4 olympiades (13 ans ou plus) :
1er titre / dernier / à cheval sur
Tisandros de Naxos en Sicile : -572 / -558 / 15 ans
Euthymos de Locres Epizéphyriennes -484 / -472 / 13 ans
Dorieos de Rhodes -438 / -424 / 15 ans
Chairon de Pellene -356 / -344 / 13 ans
Titus Flavius Archibius d'Alexandrie : 94 / 106 / 13 ans
Jack Broughton : 1738 / 1750 / 13 ans
Tom Cribb : 1809 / 1822 / 14 ans
Adali Halil ** : 1898 / 1913 / 16 ans
Joe Louis : 1937 / 1949 / 13 ans
Masahiko Kimura : 1937 / 1949 / 13 ans
Teofilo Stevenson : 1972 / 1986 / 15 ans
Alexander Karelin : 1985 / 1999 / 15 ans
Felix Savon Fabre 1985 / 2000 / 16 ans

** La plupart des sources date la première victoire d'Halil au Kirkpinar en 1888 tout en affirmant que son règne fut continu. Or, jusqu'en 1898 (année de son décès lors d'un naufrage), le grand champion de yagli gures fut Koca Yusuf. Le règne d'Adali Halil a donc plus vraisemblablement commencé en 1898; et s'est prolongé de façon continue jusqu'à sa défaite en 1914.

Règnes à cheval sur 3 olympiades (9 années ou plus) :
1er titre / dernier / à cheval sur
Arrhichion de Phigaleia : -572 / -564 / 9 ans
Timasithéos de Delphes -518 / -510 / 9 ans
Sostratos de Sikyon : -367 / -356 / 12 ans
Astyanax de Milet -324 / -314 / 11 ans
Kleitomachos de Thèbes : -218 / -210 / 9 ans
Tiberius Claudius Patrobius d'Antioche en Syrie : 49 / 57 / 9 ans
Straton d'Alexandrie *** : 74 / 64 / 11 ans
Marcus Aurélius Demostratus Damas de Sardis : 171 / 179 / 9 ans
James Figg : 1719 / 1730 / 12 ans
Jack Slack : 1750 / 1760 / 11 ans
John L. Sullivan : 1882 / 1892 / 11 ans
Koca Yusuf Ismaëlo : 1887 / 1898 / 12 ans
Alexander Medved : 1962 / 1972 / 11 ans

*** Straton a conquis des titres olympiques en 68 et 64, probablement des titres pythiques en 70 et 66, et, bien avant, il s'était fait remarquer en réalisant un quadruplé lutte-pancrace le même jour aux Jeux Néméens, chez les “enfants” et chez les “imberbes”, alors qu'il n'était encore qu'un “enfant” selon la terminologie grecque (15-17 ans pour les épreuves lourdes, mais jusqu'à 12 ans pour les épreuves de course). Cette quadruple victoire peut être datée de 74 voire 76 avant JC.

Trois victoires aux Jeux Olympiques ou aux Jeux Pythiques (tous deux d'une périodicité de quatre années) permettaient d'obtenir le statut de champion iconique. Mais certains combattants, modernes ou anciens, ont réussi encore mieux : des règnes à cheval sur quatre olympiades. Une dizaine d'autres champions a fait beaucoup plus : des règnes à cheval sur cinq, six et même sept olympiades ! On pourrait croire à de l'exagération si le XXème siècle de recelait pas lui même de quelques rares exemples (parmi les champions d'aviron, de kayak, de voile, d'escrime, etc.).

Les très longs règnes en sports de combat (1)

Le site http://le-meilleur-de-tous-les-temps.blogspot.com/ (1ère édition) puis le livre http://www.lulu.com/content/2252321 (2ème édition) fournissent divers classements, par discipline et par époque, des plus grands champions d'arts martiaux et de sports de combat de l'Histoire.

Le classement final recense tous ceux qui ont dominé leur discipline au moins douze années; un critère suffisant pour obtenir une statue grandeur nature à son image, dite "iconique", à l'époque des grands Jeux sacrés (d'Olympie, Delphes, Corinthe et Némée).

La méthode utilisée pour estimer la durée des différents règnes s'appuie sur le nombre de titres obtenus et sur la périodicité des compétitions majeures (que ce soit tous les 4 ans, tous les 2 ans, tous les ans, ou plusieurs fois par an).

1 - Milon de Crotone (lutte «orthopale») : 26+/-1 ans (6 titres olympiques)
2 - “Gaddar Kel” Aliço (lutte «yagli gures») : 26 ans
3 - Hipposthenes de Lacédémone (lutte «orthopale») : 24+/-3 ans (6 titres olympiques)
4 - Hetoimokles de Lacédémone (lutte «orthopale») : 20+/-3 ans (5 titres olympiques)
5 - Adali Halil (lutte «yagli gures») : 18 ans
6 ex æquo - Tisandros de Naxos en Sicile (pugilat) : 16+/-1 ans (4 titres olympiques)
6 ex æquo - Chairon de Pellene (lutte «orthopale») : 16+/-3 ans (4 titres olympiques)
8 ex aequo - Dorieus de Rhodes (pancrace) : 15 ans environ (3 titres olympiques)
8 ex æquo - Alexander Karelin d’URSS puis de la CEI puis de Russie (lutte «gréco-romaine») : 15 ans (3 titres olympiques)
10 - Theogenes/Theagenes de Thasos (pugilat et pancrace) : 15 ans environ (2 titres olympiques)
11 - Felix Savon-Fabre de Cuba (boxe anglaise amateur) : 14 ans (3 titres olympiques)
12 - Titus Flavius Archibius d’Alexandrie (pancrace et lutte "orthopale") : 14 ans environ (2 titres olympiques)
13- Torikishi Raiden du Japon (sumo) : 14 années pleines
14 ex aequo - Cassius Clay alias Mohamed Ali des Etats-Unis (boxes anglaises amateur et professionnelle) : 13 ans environ (1 titre olympique)
14 ex aequo - Glaukos de Karystos (pugilat) : 13 ans environ (1 titre olympique)
16 - Tom Cribb d’Angleterre (boxe à mains nues) : 13 ans
17 ex aequo - Teofilo Stevenson de Cuba (boxe anglaise amateur) : 12 ans (3 titres olympiques)
17 ex aequo - Astyanax de Milet (pancrace) : 12+/-1 ans (3 titres olympiques)
17 ex aequo - Straton d’Alexandrie (lutte «orthopale» et pancrace) : 12+/-2 (3 titres olympiques)
20 - Kleitomachos de Thèbes (pancrace, pugilat et lutte) : 12 ans environ (2 titres olympiques)
21 ex aequo - Joe Louis des Etats-Unis (boxe anglaise professionnelle) : 12 ans
21 ex aequo - Masahiko Kimura du Japon (judo) : 12 ans
21 ex aequo - Jack Broughton d’Angleterre (boxe à mains nues) : 12 ans

Mais une autre méthode peut être utilisée pour estimer la durée des règnes. Elle s'appuiera sur la "période de domination" d'un champion, qui débute avec son premier succès dans une compétition majeure et s'achève avec sa dernière tentative de conquête d'une couronne ou ceinture. Ensuite, on appliquera un ratio correspondant à l'intensité de sa domination : c'est-à-dire le nombre de ses succès sur le nombre de participations aux plus importantes compétitions.

Lutteurs quadragénaires champions du Kirkpinar

Cinq grands champions ont marqué le kirkpinar par un nombre impressionnant de succès :
- « Gaddar Kel » Aliço qui remporta 26 titres de 1861 à 1886
- Koca Yusuf Ismaëlo qui régna de 1887 à sa mort par noyade (naufrage dans l'Océan Atlantique) en 1898
- Adali Halil qui remporta son premier succès en 1888 ou 1898 puis qui eut un règne ininterrompu jusqu'en 1914 (battu par un plus léger mais plus jeune Hergeleci Ibrahim)
- Tekirdagli Hüseyin Akkaya qui régna de 1935 à 1942 inclus
- et enfin Karamürselli Ahmet Tasci qui cumula 9 titres entre 1990 et 2000.

Né en 1958, Ahmet Tasci remporte son premier Kirkpinar, dans la catégorie suprême des baspehlivan, en 1990, l'année de ses 32 ans. En 2000, année de ses 42 ans, il signe son dernier succès. Mais il va continuer à combattre au plus haut niveau dans les années qui suivront, inscrivant son nom dans le dernier carré (les demi-finalistes) jusqu'en 2005 (année de ses 47 ans !) après avoir atteint la finale en 2001, 2002 et 2004.
Pourtant, avec un gabarit de 1m74 pour 105kg (mais en ayant longtemps pesé autour de 95kg), c'est vraiment un lutteur de petite taille comparé à Saban Yilmaz 1m90, 115kg (vainqueur en 2005), Recep Kara 1m85, 120kg (vainqueur en 2004, 2006, 2007 et 2008), Vedat Ergin 1m83, 100kg (vainqueur en 2001) ou Kenan Simsek 1m80, 105kg (vainqueur en 2003).
http://www.kirkpinar.jp/

Hüseyin Akkaya est né en 1908 et a conquis son premier titre en 1935, l'année de ses 27 ans. Son dernier titre est remporté en 1942, année de ses 34 ans. Ce règne de 8 années consécutives, aux âges indiqués, est « standard » pour un champion poids lourds. Il lui a fallu une certaine maturité pour s'emparer du titre et, juste avant de devenir un vétéran, il gagne une dernière fois.

Adali Halil était un colosse de 1m98 pour 120 à 135kg. Né en 1871, il aurait remporté son premier titre en 1888 selon certaines sources. Cela signifierait qu'il serait devenu champion l'année de ses 17 ans face (ou en l'absence) du nouveau roi Koca Yusuf. Comme il est également dit qu'il conquit au total 18 titres du Kirpinar jusqu'à sa défaite en 1914, cela impliquerait qu'il ait conquis son dernier titre en 1913, année de ses 42 ans, fin d'un règne ininterrompu qui aurait commencé en 1896 ou 1897 (années de ses 25-26 ans).

Koca Yusuf, né en 1857, s'empara du titre en 1887, année de ses 30 ans. A partir de 1894 (année de ses 37 ans), il commence des tournées internationales où il défie (et vainc) les champions européens et américains. A-t-il remporté le titre du Kirpinar en 1897 (année de ses 40 ans), juste avant sa mort ? Ou avait-il déjà cédé la place au jeune Adali Halil depuis un ou deux ans ?
http://www.uludagsozluk.com/k/koca-yusuf

Gaddar Kel Aliço fut un champion exceptionnel, comme il n'en a existé que deux ou trois dans toute l'Histoire (tous sports de combat confondus). Il fut en effet exceptionnellement précoce mais aussi posséda une exceptionnelle longévité (deux notions en principe incompatibles).
Né en 1845, il remporta son premier titre en 1861, année de ses 16 ans ! Son dernier titre fut conquis en 1886, année de ses 41 ans. Il ne fut vaincu qu'en 1887, année de ses 42 ans.

Ainsi, en ayant commencé leur règne à des âges bien différents, Aliço, Halil et Tasci ont tous trois régné jusqu'à l'âge extrêmement respectable de 41-42 ans !